Nord-Kivu : un rapport accable les rebelles du M23-AFC pour des violations massives contre les civils

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Des rebelles du M23-AFC dans la mine de Rubaya [photo d’illustration]
Des rebelles du M23-AFC dans la mine de Rubaya [photo d’illustration]

Par la Rédaction

L’organisation Mwanamuke Ana Weza ONGDH a transmis, ce lundi 8 décembre 2025, un rapport alarmant sur la situation sécuritaire dans les territoires de Masisi et Rutshuru, au Nord-Kivu, où des incidents graves ont été documentés entre le 1ᵉʳ et le 27 novembre 2025. Selon les enquêteurs, des rebelles du M23-AFC, opérant avec l’appui de soldats rwandais, sont impliqués dans des actes de violations graves des droits humains et du droit international humanitaire.

Le document décrit une série d’attaques dirigées contre les civils, comprenant des exécutions sommaires, des massacres, des tortures, des incendies de villages, ainsi que la destruction de cultures et de biens. Plusieurs familles ont été endeuillées, notamment dans les localités de Bunkuba, Kyahemba, Mashango, Mashiga, Ngoholo, Mumba, Mudugudu ou encore Buhambira, où des dizaines de personnes, parmi lesquelles des femmes, des enfants et des personnes âgées, ont perdu la vie. Les enquêteurs évoquent une trentaine de corps retrouvés dans certaines zones, tout en reconnaissant que le bilan pourrait être bien plus lourd dans les villages devenus inaccessibles.

Le rapport souligne également des cas de violences physiques, de vols de bétail, d’interdictions d’accès aux champs par des responsables M23-AFC/RDF, ainsi que des arrestations arbitraires, notamment à Mweso, où plusieurs jeunes ont été arrêtés puis transférés vers un lieu inconnu. Dans le territoire de Masisi, des témoignages font état de travaux forcés imposés chaque semaine, tandis que des civils ont été blessés par balles à Kitshanga et Kyahemba, dont une femme gravement touchée alors qu’elle se trouvait aux champs, et un garçon de 12 ans transféré d’urgence à l’hôpital.

Sur le plan humanitaire, la situation est "extrêmement préoccupante", selon l’organisation. Des milliers de personnes ont fui les violences pour se réfugier à Mweso, Masisi, Bwito ou encore Bukombo, souvent sans abris ni nourriture. Beaucoup vivent dans des écoles et églises ou dorment à la belle étoile, en l’absence d’assistance humanitaire suffisante. Les besoins les plus urgents concernent les abris, l’alimentation, les soins médicaux, la protection des civils et l’accès sécurisé aux zones touchées.

L’organisation estime que les faits documentés auraient constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité si les responsabilités étaient confirmées. Elle appelle le Gouvernement congolais à rétablir son autorité dans les zones concernées et invite les Nations Unies à renforcer les mécanismes de protection, à soutenir une enquête internationale et à activer une réponse humanitaire d’urgence.

Par ailleurs, les acteurs humanitaires sont encouragés à prioriser la prise en charge des déplacés et l’accompagnement des survivants. De son côté, Mwanamuke Ana Weza ONGDH réaffirme, dans sa conclusion, son engagement à documenter les violations, à soutenir les victimes et à défendre les droits fondamentaux des communautés affectées.

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Lundi 8 décembre 2025 - 09:26