Par Prosper Buhuru
En Ituri, la lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre, y compris les violences numériques, enregistre des avancées notables, mais demeure confrontée à de nombreux défis. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante et l’impunité, la MONUSCO et ses partenaires multiplient les actions de sensibilisation pour freiner un phénomène aux conséquences humaines lourdes.
C’est dans le cadre de la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences sexuelles et basées sur le genre, organisée chaque année du 25 novembre au 10 décembre, que plusieurs initiatives ont été menées en 2025 à Bunia. Ces activités visaient à alerter sur l’ampleur des violences, notamment celles commises à travers les outils numériques.
Pour clore cette campagne, la MONUSCO, en partenariat avec l’Association des Jeunes Chrétiens Congolais (AJCC), United for Children’s Smile (UFCS) et l’Organisation féminine pour l’Encadrement et le Développement de la Femme et de l’Enfant (OEDFE), a organisé, le vendredi 12 décembre 2025, une conférence-débat à l’Université anglicane du Congo (UAC) à Bunia. Placée sous le thème « Ensemble, mettons fin aux violences numériques faites aux femmes et aux filles », la rencontre a réuni 163 participants, majoritairement des jeunes.
Les échanges ont mis en lumière les risques liés à l’usage irresponsable des réseaux sociaux et l’impact destructeur des violences numériques sur les victimes. Un témoignage relayé par une étudiante de l’UAC a notamment illustré les conséquences dramatiques de l’escroquerie en ligne, pouvant conduire à la dépression, à l’abandon scolaire et à la rupture des liens familiaux.
Pour Dieumerci Muhindo Nyasiro, coordonnateur de l’AJCC, ces violences « portent atteinte à la dignité humaine, fragilisent le tissu social et compromettent la paix et le développement ». Il estime que leur éradication passe par une mobilisation collective et une prise de conscience accrue, en particulier chez les jeunes.
De son côté, la MONUSCO rappelle que la RDC dispose désormais d’un cadre juridique pour lutter contre les violences numériques. Alain Rubenga, de la Section Genre de la Mission à Bunia, appelle à la prudence et à la responsabilité, soulignant que la diffusion d’images intimes ou d’informations privées dans une intention de nuire est passible de poursuites judiciaires.
Malgré l’ampleur du phénomène, les acteurs engagés restent convaincus qu’un environnement numérique plus sûr est possible. À travers la sensibilisation, la responsabilisation des utilisateurs et l’application de la loi, la lutte contre les violences sexuelles et numériques en Ituri continue de tracer son chemin, même si le combat reste long.