Par Gloire Balolage
Une enquête publiée le 9 mars 2026 par l’Institut Target indique que la population congolaise continue globalement de reconnaître des progrès dans la situation des femmes en République démocratique du Congo. Toutefois, les résultats montrent que cet optimisme s’est affaibli par rapport aux données recueillies en 2024.
Les conclusions de l’étude révèlent que 57 % des personnes interrogées considèrent en 2026 que la situation des droits des femmes évolue positivement. Deux ans plus tôt, cette proportion atteignait 67 %, soit une baisse de dix points. Dans le même temps, l’idée d’une amélioration très importante perd également du terrain : seuls 10 % des répondants partagent cette opinion aujourd’hui, contre 22 % en 2024.
Le directeur général de l’Institut Target, Serge Mumbu, explique que cette impression de recul est surtout exprimée par les femmes. Selon lui, les avis des hommes restent pratiquement inchangés, tandis que de plus en plus de femmes estiment que les avancées annoncées ne se traduisent pas toujours par des améliorations visibles dans leur quotidien. Il souligne ainsi la nécessité de rapprocher davantage les initiatives des réalités vécues par les femmes dans différentes provinces du pays.
L’étude met également en évidence selon le média 7sur7cd, un affaiblissement de l’optimisme dans plusieurs domaines de la vie sociale et professionnelle. Dans le secteur de l’emploi et de la carrière professionnelle, 69 % des répondants estiment que la situation progresse en 2026, contre 74 % en 2024. Le même constat s’observe dans le domaine de l’éducation, où la proportion d’avis favorables passe de 73 % à 66 %.
Les fonctions de leadership et la participation des femmes à la vie politique enregistrent aussi une baisse. En 2026, 64 % des personnes interrogées considèrent que la présence des femmes dans les postes de responsabilité évolue positivement, alors qu’elles étaient 72 % à partager cet avis deux ans plus tôt. La participation politique féminine suit une trajectoire similaire, passant de 73 % à 64 % d’opinions favorables.
Dans d’autres secteurs, les tendances apparaissent plus nuancées. L’accès aux soins de santé enregistre une légère progression, avec 62 % d’opinions positives en 2026 contre 61 % en 2024. En revanche, les droits liés au mariage et à la famille passent de 62 % à 59 %, tandis que la question de l’égalité salariale recule nettement, chutant de 69 % à 58 % sur la même période.
L’accès aux ressources financières reste quant à lui presque stable. L’enquête indique que 57 % des répondants estiment que les femmes connaissent une évolution favorable dans ce domaine, contre 58 % en 2024. Serge Mumbu souligne cependant que de nombreuses femmes évoquent un manque d’information et d’éducation financière, ce qui constitue un obstacle important pour bénéficier des opportunités de financement.
Les résultats apparaissent plus préoccupants dans certains domaines sociaux sensibles. La lutte contre le mariage précoce des jeunes filles ne recueille que 43 % d’opinions positives en 2026, contre 50 % en 2024. La situation est également jugée inquiétante en ce qui concerne les violences physiques, sexuelles et émotionnelles : seulement 40 % des personnes interrogées estiment que la situation s’améliore, alors qu’elles étaient 46 % à le penser deux ans auparavant.
Face à ces constats, le directeur général de l’Institut Target insiste sur l’importance de faire appliquer les lois existantes, notamment dans les cas de violences faites aux femmes. Il estime qu’une réponse plus ferme des autorités et une politique de tolérance zéro pourraient contribuer à faire reculer des pratiques telles que le viol ou les mariages forcés.
L’enquête souligne enfin l’existence d’écarts entre les provinces dans l’appréciation des progrès réalisés. Les résultats montrent notamment des niveaux d’optimisme plus faibles dans des provinces comme le Kongo Central, Kinshasa et le Sud-Kivu.
Réalisée entre le 14 et le 28 février, cette étude de l’Institut Target s’appuie sur un échantillon de 1 583 personnes âgées de 18 ans et plus, sélectionnées dans plusieurs provinces afin de représenter l’ensemble de la population congolaise.