RDC : le pari du financement interne pour refonder le système de santé

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Bâtiment abritant le Centre Hospitalier Tshisekedi Tshilombo à Lubumbashi [photo d’illustration]
Bâtiment abritant le Centre Hospitalier Tshisekedi Tshilombo à Lubumbashi [photo d’illustration]

Par Prosper Buhuru

La République démocratique du Congo amorce un tournant stratégique dans le financement de son système de santé, en misant désormais sur la mobilisation des ressources internes pour réduire sa dépendance aux financements extérieurs.

Longtemps caractérisé par une forte contribution des ménages et des partenaires internationaux, le financement de la santé en RDC reposait sur un modèle fragile. En 2021, les dépenses de santé s’élevaient à seulement 21,59 dollars par habitant, loin de la moyenne régionale. Dans ce schéma, les ménages supportaient plus du tiers des coûts, exposant de nombreuses familles à des chocs économiques en cas de maladie.

Face à cette réalité, le Gouvernement congolais opère un repositionnement clair : renforcer la part du financement domestique et structurer des mécanismes durables. Cette nouvelle orientation se traduit notamment par la mise en place d’outils innovants, à l’image du Fonds de promotion de la santé, alimenté par un prélèvement sur les importations, et du déploiement progressif d’une assurance maladie obligatoire financée par des cotisations sur les salaires.

Ces deux leviers, combinés à l’augmentation des allocations budgétaires, redessinent l’architecture du financement sanitaire. Ensemble, ils rapprochent le pays de l’objectif de consacrer une part significative de son budget national à la santé, conformément aux engagements africains.

Au-delà de la mobilisation des ressources, l’enjeu porte désormais sur leur gestion. Les autorités congolaises placent la réforme de la gestion des finances publiques au cœur de cette transformation, avec un objectif : garantir que chaque franc investi se traduise concrètement en services de santé accessibles et de qualité.

Des mesures sont déjà engagées, notamment la rationalisation des dépenses, l’amélioration des mécanismes d’approvisionnement en produits de santé et la digitalisation des systèmes de gestion. L’ambition est de réduire les pertes liées aux inefficacités et de renforcer la transparence dans l’exécution budgétaire.

Cette dynamique marque une évolution notable : la RDC ne se positionne plus uniquement comme bénéficiaire de l’aide internationale, mais comme acteur principal de son système de santé. Le partenariat avec les bailleurs reste d’actualité, mais il s’inscrit désormais dans une logique de complémentarité, alignée sur les priorités nationales.

À travers ces réformes, Kinshasa pose les bases d’un modèle plus autonome et plus résilient, où le financement de la santé devient un levier de souveraineté et de protection sociale.

Mercredi 18 mars 2026 - 14:09