Par Prosper Buhuru
La situation des droits humains en République démocratique du Congo continue de susciter de vives préoccupations au sein des instances internationales. Intervenant, mercredi 25 mars, à Genève, lors de la 61ᵉ session du dialogue interactif renforcé du Conseil des droits de l’homme, Nada Al-Nashif a révélé que 2.560 violations ont été documentées au cours du seul mois de février 2026.
Ces exactions ont affecté au moins 6.760 personnes, principalement dans les provinces de l’Est du pays, notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri et le Maniema. Selon la Haute-Commissaire adjointe des Nations Unies aux Droits de l’Homme, cette situation s’inscrit dans une dynamique de dégradation continue observée depuis septembre 2025, marquée par une intensification des violences et des atteintes aux libertés fondamentales.
Au-delà des chiffres, les conséquences humaines apparaissent particulièrement préoccupantes. Prenant la parole au cours du même échange, Bruno Lemarquis, coordonnateur humanitaire de l’ONU en RDC, a insisté sur l’impact direct de ces violations sur les populations civiles, déjà fragilisées par l’insécurité persistante.
Les capacités d’enquête des Nations Unies restent, toutefois, limitées. Le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme a indiqué ne pas disposer des ressources nécessaires pour déployer huit experts légistes indispensables à la conduite d’investigations approfondies, en raison de contraintes budgétaires. Une situation qui pourrait compromettre l’établissement des responsabilités dans plusieurs cas documentés.
Par ailleurs, la MONUSCO et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme ont exprimé leur inquiétude face au rétrécissement de l’espace civique et politique. Selon leurs observations, des défenseurs des droits humains, des journalistes, des opposants politiques ainsi que des membres de la société civile seraient victimes d’intimidations et d’arrestations arbitraires, notamment dans la capitale, Kinshasa.
Présent à ce dialogue, le ministre congolais des Droits humains, Samuel Mbemba, a, pour sa part, apporté des éclaircissements sur certaines interpellations enregistrées dans la capitale, évoquant un contexte sécuritaire particulier.
Ces échanges à Genève mettent en lumière l’ampleur des défis auxquels fait face la RDC en matière de respect des droits fondamentaux, alors que la communauté internationale appelle à des mesures urgentes pour inverser la tendance.