Par Gloire Balolage
Le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA) est monté au créneau pour condamner ce qu’il considère comme une décision controversée des autorités congolaises. Dans un communiqué de presse, cette structure citoyenne s’oppose fermement à l’acceptation, par le Gouvernement congolais de l’accueil sur le territoire congolais de migrants expulsés des États-Unis.
Selon la LUCHA, cette décision, présentée sous le prisme de la coopération internationale et de la souveraineté, masquerait une réalité bien plus préoccupante. Le mouvement évoque une transformation progressive de la République démocratique du Congo en un espace de relégation destiné à accueillir des populations rejetées ailleurs, dans le cadre d’arrangements qu’il qualifie d’opaques et dictés par des intérêts étrangers.
La LUCHA critique vivement la gouvernance actuelle, accusant les autorités de privilégier des logiques de soumission diplomatique au détriment des besoins fondamentaux de la population. Elle dresse un tableau sombre de la situation sociale du pays, marquée notamment par des inondations récurrentes, un manque criant de services sociaux de base tels que l’eau, l’électricité et les infrastructures, ainsi qu’une insécurité persistante.
Le mouvement citoyen insiste également sur ce qu’il considère comme une incohérence majeure. Il estime qu’un État qui peine à assurer la protection de ses propres citoyens ne saurait légitimement prétendre accueillir des populations étrangères en situation de rejet. Une posture que la LUCHA qualifie sans détour d’imposture politique.
Par ailleurs, cette initiative est perçue comme s’inscrivant dans une dynamique plus large de sous-traitance des politiques migratoires par des puissances étrangères vers des États jugés fragiles. La LUCHA fait notamment référence au partenariat controversé entre le Royaume-Uni et le Rwanda, présenté comme un précédent illustrant ce type de mécanisme.
Dans cette logique, le mouvement estime que les États-Unis chercheraient à externaliser la gestion de leurs défis migratoires, en s’appuyant sur des pays comme la RDC. Une approche dénoncée comme une solution de facilité face à des impasses internes, au détriment des États d’accueil.
Face à cette situation, la LUCHA appelle à l’annulation immédiate de cet accord. Elle rappelle que les priorités nationales demeurent la sécurité à l’Est du pays, notamment dans les zones affectées par l'insécurité ainsi que l’amélioration de l’accès à l’eau, à l’électricité et à des infrastructures dignes. Pour le mouvement, un pays encore engagé dans la lutte pour la survie de sa propre population ne peut se permettre de devenir un refuge pour les échecs politiques des grandes puissances.