Par Gloire Balolage
Le Gouvernement congolais a décidé de renforcer sa stratégie de captation et de sécurisation du flux d’or, un secteur considéré comme stratégique mais encore marqué par d’importantes pertes. Cette orientation a été prise lors de la 85e réunion du Conseil des ministres, au cours de laquelle l’exécutif a mis en avant la nécessité d’améliorer la gestion de cette ressource essentielle pour l’économie nationale.
À cette occasion, la Première ministre, Judith Suminwa, a indiqué qu’une mesure visant à consolider la stratégie nationale avait été adoptée, dans le but de mieux capter et sécuriser le flux d’or en République démocratique du Congo. Cette démarche s’inscrit dans une volonté globale de renforcer le contrôle de la chaîne de production et de commercialisation de ce minerai précieux.
Selon le compte-rendu du gouvernement, une équipe de travail composée d’experts issus des ministères et des services techniques concernés a été mise en place afin de répondre aux préoccupations soulevées au plus haut niveau de l’État. Les travaux de cette commission ont permis d’identifier plusieurs axes prioritaires devant guider les réformes à entreprendre.
Parmi les pistes retenues figurent notamment la révision du manuel de traçabilité des produits miniers, couvrant l’ensemble du processus allant de l’extraction à l’exportation. Il a également été envisagé d’actualiser le cadre réglementaire du Centre spécialisé d’achat, de commercialisation et d’exportation de l’or issu de l’exploitation artisanale, en particulier en ce qui concerne les procédures et le régime fiscal.
Dans le même élan, le Gouvernement prévoit la bancarisation progressive des coopératives minières ainsi que des négociants, en vue d’assainir le circuit financier du secteur. Par ailleurs, il a été décidé de renforcer les dispositifs de contrôle aux frontières, notamment par le déploiement effectif de l’Inspection générale des mines et du Centre d’expertise, d’évaluation et de certification (CEEC).
En outre, les autorités congolaises entendent accroître la participation du pays au mécanisme régional de certification de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Cette implication passera notamment par une présence active au sein du comité d’audit et par la mise en œuvre du plan d’action correspondant.
Compte tenu de l’importance stratégique du secteur aurifère, la Première ministre a instruit le ministre des Mines d’engager rapidement la mise en œuvre de ces réformes dans une province pilote, en l’occurrence le Haut-Uélé, avec des rapports de démarrage et d’étape attendus pour assurer un suivi rigoureux.
La Banque Centrale du Congo, en partenariat avec DRC Gold Trading SA, avait lancé une initiative visant à renforcer les réserves nationales en or, une démarche destinée à soutenir la stabilité du franc congolais, à réduire la dépendance aux devises étrangères et à faire de l’or un levier économique et monétaire majeur pour le pays.