Denise Kyalwahi
Des centaines de veuves et d’orphelins de militaires des FARDC, ayant fui la ville de Goma occupée par le M23, ont manifesté, ce mardi 7 avril 2026 devant les installations de la MONUSCO à Beni, capitale provisoire de la province du Nord-Kivu.
Ces manifestants dénoncent l’absence de paiement de leurs rentes depuis plus d’un an et sollicitent l’intervention de la mission onusienne auprès des autorités congolaises.
Selon les témoignages recueillis sur place, plusieurs de ces familles vivent dans des conditions extrêmement précaires. Privées de ressources, certaines veuves et leurs enfants sont contraintes de dormir à la belle étoile, faute de moyens pour se loger et se nourrir.
Leur situation s’est aggravée depuis leur déplacement forcé de Goma, après la prise de la ville par le groupe armé M23. Beaucoup affirment n’avoir reçu aucune assistance suffisante depuis leur arrivée à Beni.
Cette manifestation n’est pas un cas isolé. Depuis plusieurs mois, ces familles déplacées multiplient les actions pour réclamer le paiement des salaires et rentes dus à leurs époux et parents morts au front.
À travers des pancartes et slogans, elles dénoncent notamment des détournements présumés et rappellent que « le salaire est un droit ». Certaines protestations antérieures ont même conduit à des blocages de routes et à des appels directs aux autorités provinciales.
Les manifestants demandent principalement à la MONUSCO de jouer un rôle de plaidoyer auprès du gouvernement congolais afin de débloquer leur situation.
Si la mission onusienne est engagée dans la protection des civils et l’appui aux FARDC, elle ne dispose toutefois pas d’un mandat direct pour assurer le paiement des rentes militaires, une responsabilité qui relève de l’État congolais. Elle pourrait néanmoins contribuer à mobiliser une assistance humanitaire en faveur de ces familles vulnérables.
Depuis la chute de Goma, fin janvier 2025, la situation des familles de militaires et policiers déplacés reste critique dans plusieurs localités de l’est de la RDC. À Beni, certaines se sont installées dans des quartiers périphériques comme Tamende, où elles survivent dans une grande précarité.
En l’absence de solutions durables, ces veuves et orphelins continuent de faire entendre leur voix, espérant une réponse rapide des autorités pour mettre fin à plus d’une année de souffrance et d’abandon.