Par Ram’s Kitamba
Un drame d’une rare gravité s’est produit, ce vendredi 10 avril 2026, sur la rivière Lovua, dans le territoire de Tshikapa, où le naufrage d’une pirogue a coûté la vie à 17 personnes. Ce nouvel accident met en lumière, une fois de plus, les failles persistantes en matière d’infrastructures et de sécurité fluviale dans la région.
Selon des témoignages concordants, l’embarcation transportait 21 passagers ainsi que des marchandises, lorsqu’une panne de moteur est survenue en pleine traversée. Privée de propulsion, la pirogue aurait rapidement chaviré, piégeant ses occupants dans les eaux de la Lovua.
Face à cette tragédie, le député national élu de Tshikapa, Guy Mafuta Kabongo, a exprimé sa profonde consternation. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, il a adressé ses condoléances aux familles endeuillées et appelé à une prise de conscience collective. Il a notamment insisté sur la nécessité urgente de réhabiliter le pont sur la rivière Lovua, qualifiant ce drame d’« ultime interpellation » des autorités compétentes.
Au-delà de l’émotion, ce naufrage soulève des questions préoccupantes sur la gestion des projets d’infrastructures dans la région. Lancé en 2023 et financé par le Fonds d’entretien routier à hauteur de plus de 750 000 dollars américains, le projet de construction du pont sur la Lovua semble aujourd’hui à l’abandon. D’après plusieurs sources, les travaux n’auraient progressé qu’à environ 40 %, avec pour seules réalisations visibles les culées du pont.
Plus grave encore, des soupçons de détournement de fonds pèsent sur l’entreprise adjudicataire, désormais introuvable, selon une correspondance de l’Office des voies de desserte agricole. Une situation qui alimente l’indignation de la population locale, contrainte de continuer à emprunter des embarcations de fortune au péril de sa vie.
Ce drame remet ainsi au centre du débat la question de la gouvernance des fonds publics et de la responsabilité des acteurs impliqués dans l’exécution des projets d’intérêt général. Pour de nombreux observateurs, seule une enquête rigoureuse et des sanctions exemplaires permettront de restaurer la confiance et d’éviter que de telles tragédies ne se répètent.
En attendant, à Tshikapa, le deuil est lourd et la colère monte. Derrière les chiffres, ce sont des vies brisées et des familles endeuillées qui interpellent la conscience nationale.