Par Gloire Balolage
Médecins sans frontières (MSF) annonce le renforcement de ses activités médicales en appui au ministère de la Santé pour faire face à l’épidémie de maladie à virus Ebola dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. L’organisation humanitaire adapte sa réponse alors que l’épidémie continue de s’étendre dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon MSF, l’épidémie, causée par le virus Bundibugyo, évolue dans un contexte marqué par l’insécurité, les déplacements de populations et un accès limité aux structures de santé. Ces facteurs compliquent la prise en charge des patients et ralentissent les efforts de riposte sur le terrain.
Le chef de mission de MSF en RDC, Ewald Stals, décrit une situation opérationnelle complexe. Il explique que les équipes font face à des restrictions de déplacements aériens et terrestres qui compliquent l’acheminement du personnel et du matériel. Il souligne que des centaines d’échantillons restent en attente d’analyse et que les capacités d’isolement et de prise en charge restent insuffisantes, ce qui freine la réponse globale.
En Ituri, épicentre de l’épidémie, MSF gère plusieurs centres de traitement Ebola. Parmi eux, une structure de 65 lits à Mongbwalu et un centre de 36 lits à Bunia. L’organisation appuie aussi l’isolement et la prise en charge des cas suspects dans les structures sanitaires de Mongbwalu, Fataki et Bunia.
Au Nord-Kivu, MSF gère un centre de traitement Ebola de 80 lits à Goma et renforce les capacités d’isolement dans plusieurs zones, notamment à Walikale, Mweso, Rutshuru et Butembo, où l’organisation est présente depuis plusieurs années. Ces interventions visent une prise en charge rapide des cas et à limiter la propagation du virus.
Dans le Sud-Kivu, les équipes de MSF installent des centres de traitement à Bukavu et Lwiro tout en formant le personnel de santé aux mesures de prévention et de contrôle des infections. L’objectif est de renforcer les capacités locales face à une épidémie qui exige une coordination continue.
Parallèlement aux soins, MSF intensifie la prévention, la surveillance et l’engagement communautaire. L’organisation sensibilise les populations aux symptômes, aux modes de transmission et à l’importance de signaler rapidement tout cas suspect.
Elle insiste aussi sur la nécessité de maintenir l’accès aux soins pour d’autres maladies comme le paludisme, la rougeole ou le choléra, alors que les équipes continuent d’acheminer du matériel et du personnel dans les zones touchées. MSF prévient que la situation peut évoluer rapidement et affirme rester prête à adapter sa réponse en fonction des besoins sur le terrain.
Au 30 mai 2026, près de 300 cas confirmés, plus de 900 cas suspects et plus de 50 décès ont été officiellement signalés dans les trois provinces touchées, avec une forte concentration en Ituri qui représente à elle seule plus de 90 % des cas suspects. MSF souligne toutefois que l’ampleur réelle de l’épidémie reste difficile à établir en raison des capacités de dépistage limitées et de l’accès restreint à certaines zones.