Par Prosper Buhuru
L’épidémie de maladie à virus Ebola poursuit sa progression en République démocratique du Congo. Le Bas-Uélé est désormais la sixième province touchée, après la confirmation du décès à Buta d’un patient en provenance d’Isiro, dans la province voisine du Haut-Uele.
L’information a été annoncée, ce jeudi 13 août 2026, par Jean Kaseya, directeur général d’Africa CDC. Selon les éléments communiqués, le malade avait quitté Isiro pour se rendre dans le Bas-Uélé, où il est décédé à Buta, chef-lieu de la province.
Avec cette extension géographique, l’épidémie concerne désormais 54 zones de santé, selon Africa CDC. Cette progression intervient alors que les autorités sanitaires et leurs partenaires poursuivent les opérations de surveillance, de prise en charge et de contrôle de la transmission.
Mais au-delà des chiffres officiellement disponibles, Africa CDC met en garde contre une possible sous-estimation de l’ampleur réelle de l’épidémie. Jean Kaseya a indiqué que les données disponibles ne permettent pas encore de retracer avec précision l’évolution de la maladie entre février et mai, période précédant sa déclaration officielle le 15 mai 2026.
D’après les études évoquées par Africa CDC, la circulation du virus pourrait en effet avoir commencé dès février. Une période de plusieurs mois durant laquelle la transmission communautaire aurait pu se poursuivre sans être pleinement documentée.
Cette incertitude complique l’évaluation de l’ampleur réelle de l’épidémie. Les données recueillies depuis mai pourraient ainsi ne représenter qu’une partie des contaminations survenues dans les communautés.
Africa CDC relève également une dynamique particulièrement préoccupante. Après douze semaines, le nombre de cas et celui des décès confirmés seraient respectivement sept fois et cinq fois supérieurs à ceux enregistrés au même stade lors de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest.
Pour Jean Kaseya, cette trajectoire impose une intensification urgente de la riposte. Il avertit que, sans maîtrise rapide de la transmission, l’épidémie pourrait se prolonger pendant plus d’une année et atteindre une ampleur exceptionnelle à l’échelle mondiale.
L’extension au Bas-Uélé constitue ainsi un nouveau défi pour la riposte congolaise. Elle souligne surtout l’importance du renforcement de la surveillance épidémiologique, de la détection précoce des cas et du suivi des contacts, notamment dans les zones où la transmission communautaire pourrait être insuffisamment documentée.