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RDC : des scientifiques alertent sur la gestion des données environnementales

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Par Gloire Balolage

La République démocratique du Congo fait face à d’importantes faiblesses dans la production, la gestion, la sécurisation et la valorisation de ses données environnementales. Cette situation est mise en évidence dans une publication de la Revue Congolaise des Sciences & Technologies, qui appelle à une réforme structurelle afin de faire de ces informations un véritable outil stratégique au service de la gouvernance, de la recherche scientifique et du développement durable.

Intitulée « Urgence de la Mise en Place d’une Politique Nationale de Gestion et de Sécurisation des Données Environnementales en République Démocratique du Congo », l’étude est signée par Raphael Muamba Tshimanga, Kalulu Taba, Pius Tshimankinda Mpiana et Jean-Jacques Tanfum Muyembe, de l’Académie Congolaise des Sciences, à Kinshasa. Les auteurs constatent notamment que les réseaux nationaux d’observation environnementale restent insuffisants ou dégradés, tandis que les données disponibles sont dispersées entre plusieurs institutions et projets.

Selon cette publication consultée par votre rédaction ce lundi 7 septembre, cette fragmentation s’accompagne d’une faible harmonisation des normes. Une part importante des informations recueillies sur le territoire congolais demeure par ailleurs hébergée ou exploitée à l’étranger. Les mécanismes permettant d’assurer le dépôt systématique de ces données dans des infrastructures nationales, leur accessibilité ainsi que leur valorisation par les institutions et les chercheurs congolais sont également jugés insuffisants.

Pour les auteurs, ces difficultés ne constituent pas uniquement un problème de gestion de l’information. Elles entretiennent une dépendance scientifique et technologique, réduisent la capacité du pays à produire ses propres connaissances et fragilisent sa souveraineté sur des informations considérées comme stratégiques. Cette situation limite également la capacité de la RDC à planifier ses investissements, à défendre efficacement ses intérêts dans les mécanismes internationaux consacrés au climat et à la biodiversité, mais aussi à tirer pleinement profit de son capital naturel.

L’étude estime que l’urgence est d’autant plus grande dans un contexte marqué par l’accélération du changement climatique, l’expansion des marchés carbone et la progression des investissements dans plusieurs secteurs, notamment les mines, l’énergie, les ressources hydriques, les forêts, la biodiversité et les infrastructures. Face à ces évolutions, les chercheurs considèrent qu’une réforme structurelle de la gestion des données environnementales devient indispensable pour permettre au pays de mieux maîtriser les informations produites sur son territoire.

La principale proposition avancée consiste ainsi à élaborer une Politique Nationale de Gestion et de Sécurisation des Données Environnementales (PNGSDE). Celle-ci permettrait de considérer les données environnementales comme une infrastructure stratégique nationale, avec un cadre destiné à assurer leur production, leur centralisation, leur sécurisation, leur accessibilité et leur valorisation. L’objectif serait également de renforcer leur utilisation par les institutions et les chercheurs congolais.

Enfin, les auteurs défendent une meilleure maîtrise nationale des données liées à l’environnement et au capital naturel de la RDC. Selon eux, une telle politique contribuerait à renforcer la souveraineté scientifique et informationnelle du pays, tout en faisant des données environnementales un levier de gouvernance, d’innovation scientifique, de résilience face au changement climatique et de développement durable.

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Dimanche 6 septembre 2026 - 19:54