Par la Rédaction
Face à une recrudescence de la violence armée sur l’axe routier reliant Goma à Kibumba, la coordination territoriale de la Société civile forces vives de Nyiragongo tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué rendu public ce lundi 7 septembre 2026, cette structure dénonce une dégradation continue de la situation sécuritaire, marquée par des tueries, des embuscades, des enlèvements, des violences sexuelles ainsi que le pillage de biens, particulièrement les motos.
Parmi les incidents récents figure une attaque survenue le samedi 5 septembre 2026 sur la Route nationale n°2. Un conducteur de taxi-moto originaire du village Kabagana, dans le groupement Buhumba, est tombé dans une embuscade alors qu’il transportait une passagère. Les assaillants armés ont abattu cette dernière et grièvement blessé le chauffeur par balle avant de s’emparer de sa moto et de prendre la fuite vers Kibaya. Le blessé a été transféré d’urgence à l’Hôpital général du Nord-Kivu pour des soins.
Le lendemain, un drame similaire s’est produit dans le territoire voisin de Rutshuru, affectant directement la communauté de Nyiragongo. Un autre motard, originaire du village Kiheru, dans le groupement Munigi, a été tué par des hommes armés au lieu-dit « Choka », près de Katale. Sa moto a également été emportée. Sa dépouille a été ramenée dans sa communauté d’origine le dimanche 6 septembre avant d’être acheminée vers la morgue de l’hôpital UCNDK.
Ces incidents s’inscrivent dans une série plus large d’actes criminels perpétrés de jour comme de nuit dans plusieurs villages du territoire de Nyiragongo. Pour les acteurs de la Société civile, la situation est devenue insupportable pour les usagers qui empruntent cette voie pour leurs activités quotidiennes. Ils déplorent une situation où la vie humaine semble désormais avoir moins de valeur que les biens convoités par les assaillants.
Face à cette escalade de la criminalité, la structure citoyenne appelle les usagers de la route et les habitants de la région à renforcer leur vigilance. Elle recommande notamment, dans la mesure du possible, d’éviter les déplacements pendant les heures jugées à risque sur cet axe, afin de limiter l’exposition aux groupes ou individus armés.
La Société civile s’interroge également sur la facilité avec laquelle les auteurs de ces crimes parviennent à opérer de manière répétée le long de ce tronçon considéré comme stratégique. La zone concernée se trouve à proximité de la frontière entre la République démocratique du Congo et le Rwanda et bénéficie, en principe, de dispositifs militaires et sécuritaires.
Selon la coordination territoriale de Nyiragongo, la multiplication des embuscades meurtrières et des vols à main armée soulève des interrogations sur l’efficacité du dispositif sécuritaire en place. Elle appelle ainsi à une réévaluation urgente des mesures destinées à protéger les civils et leurs biens et à garantir la libre circulation sur la Route nationale n°2.