Par Gloire Balolage
Le ministre du Commerce extérieur et ancien gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku Kahongya, a réagi au discours prononcé jeudi 27 août 2026 par le président Félix Tshisekedi sur le dialogue national. Dans une publication sur son compte X, il livre une lecture particulièrement favorable de l'intervention du chef de l'État, qu'il présente comme un tournant dans la vie politique congolaise après plusieurs décennies de crises et de processus politiques.
Pour Julien Paluku, le président Félix Tshisekedi vient de « signer la fin de la récréation politique en RDC après 30 ans ». Il revient sur le discours de 40 minutes prononcé par le chef de l'État sur la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC), de 21h14 à 21h54, heure de Kinshasa. Selon lui, cette intervention présidentielle s'articule autour d'une trilogie : paix, cohésion et refondation de l'État.
Sur la question de la paix, Julien Paluku retient notamment le refus d'une « paix de cimetière ». Il associe cette position à une volonté de rechercher une paix qui ne serait pas synonyme de renoncement ou de silence face aux enjeux du pays. Dans le même esprit, il relève la volonté présidentielle de construire une cohésion nationale qui ne serait pas « piégée », tout en mettant en avant la nécessité d'une véritable refondation de l'État.
L'ancien gouverneur du Nord-Kivu insiste également sur le refus, exprimé dans sa lecture du discours présidentiel, d'accorder une « prime à la guerre ». Il oppose cette perspective à la place qu'il accorde à la démocratie et au processus électoral. Pour lui, le message présidentiel se résume notamment à trois orientations : prendre les armes conduit à devoir en assumer les conséquences, déposer les armes ouvre les portes de la Nation, tandis que le choix des urnes doit permettre à la démocratie et à ses valeurs de triompher.
Julien Paluku estime par ailleurs que le discours présidentiel a déstabilisé certains acteurs habitués aux calculs politiques lors des précédents dialogues. Il affirme que « les habitués aux calculs politiques lors des dialogues précédents sont désemparés et crient sur tous les toits ». Il ajoute que d'autres acteurs, qu'il décrit comme « complètement déboussolés », seraient également sur le point de suivre cette voie.
Dans sa publication, le ministre du Commerce extérieur établit également un rapprochement entre le message de Félix Tshisekedi et une pensée attribuée à Patrice Emery Lumumba. Il cite notamment cette phrase : « L'histoire du Congo s'écrira au Congo, par ses dignes fils et filles, une histoire de gloire et de dignité. » Pour lui, cette référence illustre l'idée selon laquelle l'avenir du pays doit être écrit par les Congolais eux-mêmes.
Julien Paluku conclut sa réaction par une formule destinée à souligner ce qu'il considère comme l'avance stratégique prise par le chef de l'État. « Quand on tente d'affronter un fin stratège, on se retrouve toujours avec un train de retard », écrit-il. Cette déclaration traduit son appréciation du discours présidentiel et sa conviction que Félix Tshisekedi aurait pris de court certains acteurs politiques à travers les orientations présentées.