Par Patrick Kitoko
L’option levée par le président Félix-Antoine Tshisekedi pour organiser un dialogue en République démocratique du Congo continue de susciter des réactions au sein de l’opposition. Proche de Moïse Katumbi, Christian Mwando se montre particulièrement critique à l’égard de la démarche présidentielle.
Pour cet acteur politique, le format envisagé par le chef de l’État ne serait pas de nature à apporter une réponse durable au conflit qui secoue le pays. Il qualifie cette initiative de « vaste kermesse » et estime qu’elle ne permettra pas de mettre fin aux violences.
« Ce que propose le président Tshisekedi est une vaste kermesse qui ne va pas mettre un terme au conflit », a déclaré Christian Mwando.
L’ancien ministre du Plan relève également l’évolution du vocabulaire utilisé autour de cette initiative. Selon lui, la référence à un dialogue « inclusif » aurait disparu des dernières communications présidentielles, ce qui nourrit ses réserves quant à la participation de l’ensemble des forces politiques et sociales.
« Vous constaterez avec moi que le terme inclusif n’a plus été utilisé », souligne-t-il.
Christian Mwando s’interroge par ailleurs sur la nécessité d’un nouveau cadre de discussions alors que des échanges sont déjà engagés à Doha.
« Qu’est-ce qui est dit à Doha qui ne peut pas être dit au dialogue ? », questionne-t-il, mettant ainsi en doute la cohérence entre les différents processus de négociation en cours.
Pour ce proche de Moïse Katumbi, l’adhésion de l’opposition au schéma proposé par le chef de l’État est loin d’être acquise.
« Je doute fort que l’opposition adhère au schéma proposé », affirme-t-il.
Cette prise de position intervient alors que l’idée d’un dialogue national est au cœur du débat politique en RDC. Le pouvoir appelle à une concertation susceptible de contribuer à la recherche de solutions à la crise, tandis qu’une partie de l’opposition demeure sceptique sur les modalités, les participants et les objectifs réels du processus.
Les déclarations de Christian Mwando illustrent ainsi les divergences persistantes autour du format et de la portée du dialogue voulu par Félix Tshisekedi, dont la réussite dépendra notamment de sa capacité à obtenir l’adhésion des principales composantes de la classe politique congolaise.