Par Gloire Balolage
La République démocratique du Congo, la Tanzanie et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ont franchi une nouvelle étape dans la perspective du retour des réfugiés congolais installés en Tanzanie. Réunis jeudi 27 août 2026 à Lubumbashi, les trois acteurs ont signé une feuille de route destinée à encadrer leur retour volontaire en RDC. Une démarche qui intervient alors que des milliers de Congolais souhaitent retrouver leur pays, mais dont la concrétisation reste étroitement liée aux conditions de sécurité dans leurs zones d’origine.
Au total, 87 654 réfugiés congolais vivent actuellement en Tanzanie, dont une importante partie se trouve dans le camp de Nyarugusu. Parmi eux, plusieurs manifestent leur volonté de rentrer en République démocratique du Congo. La majorité de ces réfugiés ont fui les violences liées à la guerre dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où la situation sécuritaire continue de constituer un facteur déterminant dans la perspective de leur retour.
Face à cette volonté de retour, le HCR appelle toutefois à la prudence. Mark Kirya, représentant adjoint du HCR en RDC, rappelle que les réfugiés disposent de la liberté de retourner dans les lieux de leur choix. Mais l’agence onusienne ne souhaite pas encourager les retours vers des zones qui ne présentent pas, à ses yeux, les conditions de sécurité nécessaires. L’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu figurent notamment parmi les provinces citées comme n’étant pas suffisamment sécurisées pour favoriser actuellement ces retours.
La question de la sécurité apparaît ainsi comme l’une des principales conditions de la mise en œuvre de cette feuille de route. Les réfugiés qui souhaitent rentrer doivent pouvoir retrouver des conditions leur permettant de vivre dans un environnement sûr. Cette préoccupation est d’autant plus importante que plusieurs d’entre eux sont originaires des territoires affectés par les conflits dans l’Est de la RDC, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Du côté congolais, le ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, affirme que le gouvernement poursuit son engagement dans les différents processus de paix visant à mettre fin à l’insécurité dans l’Est du pays. En attendant des avancées sur le terrain, il assure que les autorités congolaises vont travailler avec la Tanzanie et le HCR afin d’accompagner davantage les compatriotes désireux de rentrer. L’objectif annoncé est de leur permettre de retrouver « un lieu de retour sûr et sécurisé », qu’il s’agisse de leur lieu d’origine ou d’un autre endroit.
La Tanzanie entend pour sa part continuer à accueillir les réfugiés congolais qui ne sont pas encore prêts à regagner la RDC. Cette position permet de maintenir un espace d’accueil pour ceux dont les conditions de retour ne sont pas encore réunies ou qui souhaitent attendre une évolution de la situation dans leurs régions d’origine. Le processus envisagé repose donc sur le caractère volontaire du retour et sur la prise en compte de la situation de chaque réfugié.
La prochaine étape dépendra notamment de la mobilisation des ressources nécessaires à l’organisation du rapatriement volontaire et à la réinstallation des réfugiés en RDC. Le HCR doit ainsi mobiliser des fonds pour accompagner le processus. Pour l’heure, aucun calendrier précis n’a encore été fixé.