Par Prosper Buhuru
La question des modalités du dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi suscite déjà des prises de position dans la classe politique congolaise. Francine Muyumba, sénatrice honoraire et proche de l’ancien Président de la République, Joseph Kabila, estime que les conditions de ce processus ne peuvent être fixées par une seule partie.
Pour elle, le chef de l’État ne devrait pas déterminer seul le format, l’agenda ou encore la liste des participants aux discussions envisagées. Dans sa réaction, elle rappelle que Félix Tshisekedi est, à ses yeux, lui-même partie prenante de la crise politique que ce dialogue est censé contribuer à résoudre.
Cette situation, soutient-elle, impose que les principales parties prenantes s’accordent au préalable sur les règles devant encadrer le processus. Elle préconise notamment une définition consensuelle du format des discussions, de leur ordre du jour, des participants, mais aussi des éventuelles exclusions et des préalables.
Francine Muyumba insiste ainsi sur la nécessité d’un mécanisme de dialogue reposant sur un accord entre les protagonistes plutôt que sur les conditions arrêtées par une seule partie. Elle appelle, dans cette perspective, à privilégier une facilitation qu’elle juge « neutre et crédible ».
Au-delà de la question du dispositif, l’ancienne sénatrice invite les acteurs politiques à faire preuve de compromis. Elle estime que la recherche d’une issue à la crise congolaise suppose que chaque camp accepte de revoir une partie de ses revendications au nom de l’intérêt collectif.
« Si nous voulons réellement sauver le Congo, chacun doit accepter de renoncer à une part de ses exigences au profit de l’intérêt supérieur de la Nation », écrit-elle.
Francine Muyumba résume finalement sa position en opposant un dialogue fondé sur des concessions mutuelles à un processus dont les conditions seraient préalablement imposées. Pour elle, la RDC doit privilégier « un vrai dialogue, pas un dialogue sous conditions ».