Par Prosper Buhuru
Le Fonds Monétaire International (FMI) a validé un décaissement immédiat de 445 millions de dollars américains en faveur de la République démocratique du Congo, à l’issue de l’approbation de la deuxième revue du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC) et du premier examen de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).
Cette décision porte le total des appuis financiers accordés à la RDC à 570,9 millions de droits de tirage spéciaux (DTS) dans le cadre de la FEC, auxquels s’ajoute un premier versement de 133,25 millions de DTS au titre de la FRD. Un signal fort, dans un contexte marqué par une pression sécuritaire et humanitaire persistante dans l’est du pays.
Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, a salué cette avancée, estimant qu’elle témoigne de la confiance renouvelée du FMI dans la trajectoire macroéconomique de la RDC et dans les réformes engagées par le Gouvernement. Pour lui, ce soutien arrive à un moment crucial pour consolider la stabilité économique et renforcer la capacité de l’État à faire face aux chocs internes et externes.
Dans son évaluation, le FMI a reconnu la résilience de l’économie congolaise malgré les conflits armés dans l’est du pays, qui continuent d’exercer une pression significative sur les finances publiques et d’aggraver la crise humanitaire. L’institution prévoit une croissance du produit intérieur brut supérieure à 5 % en 2025 et 2026, portée notamment par le dynamisme du secteur extractif.
Le FMI note également une nette amélioration du cadre macroéconomique, marquée par une baisse significative de l’inflation, passée de 11,7 % à la fin de l’année 2024 à 2,2 % en novembre 2025. Cette performance est attribuée à une politique monétaire rigoureuse et à l’appréciation du franc congolais.
Toutefois, l’institution de Bretton Woods appelle les autorités congolaises à maintenir une discipline budgétaire stricte, à renforcer la coordination entre les politiques budgétaires et monétaires et à accélérer la mise en œuvre des réformes structurelles, afin de contenir les risques liés à l’insécurité persistante et à la crise humanitaire dans l’est du pays.
Ce nouveau décaissement conforte ainsi la stratégie économique défendue par le Gouvernement, sous la coordination du ministère des Finances, dans un contexte où la stabilité macroéconomique demeure un levier essentiel pour soutenir la résilience nationale.