Par Serge Mavungu
Organisée ce jeudi 30 octobre 2025 à Paris, capitale de la République française, la Conférence de soutien à la paix et à la prospérité dans la région des Grands Lacs a réuni de nombreux représentants internationaux. Portée par la France, en étroite coordination avec le Togo, médiateur désigné par l’Union africaine dans le conflit RDC-Rwanda, cette rencontre a pour objectif de mobiliser la communauté internationale face à la crise humanitaire et sécuritaire qui secoue l’est congolais et la région des Grands Lacs.
Lors de son intervention à l'ouverture de ces assises, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a rappelé l’ampleur de la crise qui touche le Kivu, l’Ituri et l’ensemble de la région, où les conflits ressurgissent au sein des communautés, de part et d’autre des frontières congolaises, ougandaises et rwandaises.
Le chef de la diplomatie française a indiqué que depuis janvier 2025, 2,4 millions de personnes ont fui les combats, portant à près de 6 millions le nombre total de déplacés internes en RDC, tandis qu’un million de Congolais sont réfugiés dans les pays voisins. La crise alimentaire s’aggrave, touchant 27 millions de personnes menacées par la faim. Les femmes et les filles demeurent les premières victimes, exposées aux violences sexuelles et aux viols qui accompagnent les affrontements.
Jean-Noël Barrot a également souligné l’importance des négociations en cours entre la RDC et le Rwanda, ainsi qu’entre le gouvernement congolais et le M23-AFC, considérées comme des étapes décisives vers une solution politique durable.
"La paix, mais aussi la prospérité… La paix n’est jamais un miracle. Elle est le fruit du courage, de la constance et du respect de la parole donnée", a-t-il martelé, insistant sur la nécessité d’un engagement collectif pour restaurer la stabilité et offrir un avenir de développement à la région.