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BIASHARA AFRICA 2026 : la RDC affiche ses ambitions industrielles et continentales à Lomé

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Le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya
Le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya

Par Patrick Kitoko

La République démocratique du Congo a réaffirmé sa volonté de devenir un acteur majeur de l’intégration économique africaine et de l’industrialisation du continent lors de la troisième édition de BIASHARA AFRICA, organisée du 18 au 20 mai 2026 à Lomé, sous l’égide de la ZLECAf –Zone de libre-échange continentale africaine-.

Représentant la RDC à cette rencontre économique panafricaine, la délégation congolaise a porté une vision axée sur la transformation structurelle de l’économie nationale, avec pour ambition de faire du pays une puissance industrielle au cœur du marché africain.

Au cours des échanges, la RDC a insisté sur la nécessité de rompre avec un modèle économique basé sur l’exportation brute des matières premières. Le pays entend désormais miser sur la transformation locale du cobalt, du cuivre et des produits agricoles afin de créer davantage de valeur ajoutée et d’emplois durables. Selon les autorités congolaises, le vaste marché continental de 1,4 milliard de consommateurs offert par la ZLECAF constitue une opportunité stratégique pour rentabiliser les investissements engagés dans les ZES – Zones économiques spéciales-.

La RDC souhaite également faire de ses neuf frontières des espaces d’intégration économique plutôt que des zones de blocage commercial. Le gouvernement mise sur la digitalisation des procédures administratives et la réduction des tracasseries pour fluidifier les échanges commerciaux.

Une attention particulière est accordée aux femmes commerçantes et aux petits opérateurs informels, à travers le Régime commercial simplifié (RECOS), destiné à faciliter leur accès aux marchés formels régionaux.

Pour concrétiser cette ambition, plusieurs projets structurants ont été identifiés comme prioritaires d’ici 2031. Parmi eux figure le développement du barrage hydroélectrique Grand Inga, présenté comme un levier énergétique majeur pour le continent. Avec une capacité estimée à 44 000 mégawatts, le projet pourrait, selon les projections avancées, répondre aux besoins énergétiques de 300 à 600 millions d’Africains.

Outre l’énergie, la RDC mise sur : le développement agricole ; la modernisation des infrastructures logistiques, notamment le port de Banana, le corridor de Lobito et l’axe Kisangani-Kasindi ; l’amélioration du climat des affaires ; ainsi qu’un meilleur accès au financement pour les petites et moyennes entreprises.

Pour soutenir cette dynamique, le pays entend mobiliser plusieurs mécanismes financiers internationaux, notamment les fonds de pension africains, le programme européen Global Gateway et des investissements stratégiques étrangers.

À travers cette feuille de route, la RDC affirme vouloir bâtir une économie tournée vers la production et les exportations régionales. L’objectif affiché est de permettre, à l’horizon 2031, à un entrepreneur congolais d’exporter facilement ses produits de Kinshasa vers Nairobi ou Accra, avec des coûts logistiques réduits et une meilleure compétitivité du label « Made in DRC ».

« Le talent congolais est prêt. Il est temps d’accélérer », a conclu la délégation congolaise, appelant à une mobilisation collective pour transformer les opportunités offertes par la ZLECAF en moteur de croissance durable pour le pays et pour l’Afrique.

Mercredi 20 mai 2026 - 22:30