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Changement constitutionnel : Muzito et Nouvel Élan veulent rendre le peuple "Alpha et Omega" de la démocratie congolaise

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Le chef de l’Etat Félix Tshisekedi et Adolphe Muzito en tête-à-tête
Le chef de l’Etat Félix Tshisekedi et Adolphe Muzito en tête-à-tête

Par Bijou NDJODJI BATEKO

Plus question d'imposer au peuple congolais une Constitution qui ne cadre pas avec ses aspirations profondes. C'est ce que Nouvel Élan appelle le "péché originel" de 1960. Adolphe Muzito et son parti entendent l'effacer pour que le peuple redevienne "Alpha et Omega" de la démocratie congolaise. Pour le parti, il ne s'agit pas d'une position opportuniste ni circonstancielle, mais d'une vision existentielle et nationaliste défendue depuis des années par Adolphe Muzito. Nouvel Élan estime que si on veut refonder l'État, il faut remonter à la racine, c'est-à-dire en 1960, et refaire une Constitution écrite par et pour les Congolais, sans ingérence.

Le parti Nouvel Élan d'Adolphe Muzito veut en finir avec l'héritage constitutionnel de 1960. Pour Adolphe Muzito et Nouvel Élan, la Constitution actuelle porte, elle également, le "péché originel" de 1960; lequel empêche le peuple congolais d'être au centre du jeu politique.

Cette formation politique de la gauche nationaliste estime que la Constitution actuelle ne peut garantir la stabilité et le bien-être des Congolais tant qu’elle porte en elle les traces d’un processus historique biaisé.

Au cours du meeting que Nouvel Élan a organisé, dimanche 17 mai 2026, en soutien aux institutions étatiques et aux Forces Armées de la République démocratique du Congo (FARDC), le secrétaire général du parti, maître Blanchard Mongomba, a détaillé les motivations politiques et idéologiques qui poussent sa formation politique à soutenir le changement de la Constitution. 

Loi fondamentale de 1960 : un texte imposé, pas négocié par les Congolais eux-mêmes

Nouvel Élan remonte à la Loi fondamentale du 19 mai 1960, rédigée par l’administration coloniale belge à la veille de l’indépendance. Selon le parti d'Adolphe Muzito, ce texte n’a jamais été le fruit d’une volonté souveraine congolaise. Il aurait été conçu pour préserver les intérêts de la métropole après l’indépendance et aurait institué un régime semi-présidentiel source de blocages institutionnels dès les premiers mois de la République. 

Pour le parti, cette architecture institutionnelle fragile a marqué durablement la vie politique congolaise et se retrouve, sous d’autres formes, dans les Constitutions qui ont suivi.

"Tout Lumumbiste a conscience du péché originel. Depuis 1960, nous nous sommes toujours battus pour avoir une Constitution faite par nous-mêmes", a déclaré maître Blanchard Mongomba devant les militants. 

La Constitution de 2006 jugée illégitime dans son origine

Nouvel Élan étend cette critique à la Constitution du 18 février 2006. Le parti estime qu’elle a été adoptée par des députés nationaux alignés sur le pouvoir de l’époque, non élus et sans réel souci de défendre les intérêts du pays. Un texte qui, selon maître Blanchard Mongomba, réduit le pouvoir du souverain primaire qu’est le peuple congolais au profit des belligérants qui l'ont élaboré et promulgué dans un contexte où le pays était profondément marqué par la guerre.

Maître Blanchard Mongomba estime que depuis toutes ces années, "les prémisses étaient déjà entachées".

"La Constitution de 2006 est née d’un compromis de belligérants. Nous voulons aujourd’hui une Constitution faite par le peuple congolais. Les gens qui ont œuvré à l’actuelle constitution à Sun City, n’avaient jamais été mandatés par le peuple. Ils avaient fait voter cette loi sans avoir réellement expliqué son fond au peuple. Celui qui a promulgué cette Constitution en 2006 n’était pas élu. C’est une tricherie", a soutenu le secrétaire général de Nouvel Élan.

Une architecture institutionnelle faible et un précédent qui a marqué toutes les Constitutions suivantes

La loi fondamentale de 1960 prévoyait un régime semi-présidentiel avec un Premier ministre très fort et un président affaibli. Parmi les conséquences, il y a les blocages institutionnels dès 1960 entre Lumumba et Kasa-Vubu. Nouvel Élan voit là la source des crises à répétition.

Pour cette formation politique d'Adolphe Muzito, la Constitution de 2006 reprend les mêmes défauts : un texte rédigé dans un contexte de pression extérieure et de compromis politiques, qui limite la souveraineté populaire. D’où l’idée que le "péché originel" de 1960 n’a jamais été corrigé.

Titrisation des terres

Au-delà des considérations historiques sur la forme, Nouvel Élan avance également des arguments de fond pour justifier sa position. Parmi les priorités évoquées figure notamment la question de la titrisation des terres. 

Selon le parti, la Constitution actuelle ne protège pas suffisamment les communautés locales ni les droits fonciers des Congolais. Le secrétaire général a plaidé pour l’introduction de nouvelles dispositions garantissant une meilleure sécurisation des terres et une reconnaissance plus claire des droits des populations locales.

En clair, Nouvel Élan soutient les réformes du régime foncier pour en faire un levier de développement économique.

Aujourd’hui, l’accès au titre foncier est compliqué et l’insécurité juridique bloque l’investissement agricole et immobilier. En constitutionnalisant la titrisation, le parti veut sécuriser la propriété et permettre aux Congolais d’utiliser la terre comme garantie pour obtenir du crédit.

 Réévaluation de la décentralisation

Le parti demande une révision du fonctionnement des 26 provinces pour renforcer la gouvernance provinciale et locale, ainsi que garantir leur viabilité économique. 

Concrètement, Nouvel Élan estime que la décentralisation actuelle est mal financée et mal encadrée. Beaucoup de provinces n’ont pas les moyens de fonctionner sans dépendre de Kinshasa. L’objectif est de redéfinir les compétences et les ressources pour que les provinces deviennent réellement autonomes et performantes.

 D'autres réformes structurelles profondes...

Nouvel Élan évoque également d’autres mutations profondes telles que le passage à un régime présidentiel pur avec la suppression du poste de Premier ministre pour réduire les dépenses, et le retour au scrutin présidentiel à 2 tours...

Pour Nouvel Élan, il est question de corriger ce qu’il présente comme l’œuvre des impérialistes. C'est cela la refondation du pacte républicain.

Nouvel Élan affirme que le changement de la Constitution devra permettre d’assurer une stabilité politique durable et d’ouvrir la voie à un changement social et économique réel. 

Nouvel Élan est convaincu que la rédaction d'une nouvelle Constitution par les Congolais eux-mêmes devra placer le peuple au centre du système politique. Dans le discours de Nouvel Élan, le peuple doit redevenir "Alpha et Omega" de la démocratie congolaise.

Pour ce parti qui se réclame de l'héritage lumumbiste, il s’agit de réécrire les règles du jeu politique pour sortir d’une Constitution qu’il juge héritée d’un compromis défavorable au peuple, et recentrer le pouvoir sur le souverain primaire.

Mercredi 20 mai 2026 - 16:53