Par Prosper Buhuru
La frappe de drone qui a coûté la vie à l'humanitaire française Karine Buisset à Goma le 11 mars 2026 n'est pas un simple épisode de la guerre dans l'est de la RDC. C'est un message politique brutal qui vise à replacer la crise congolaise au centre de l'agenda diplomatique international.
Les circonstances de l'attaque sont encore floues, mais les conséquences sont déjà lourdes. La mort de Karine Buisset, employée de l'UNICEF, a provoqué un choc international et a réactivé l'intérêt des grandes puissances pour un processus de paix en panne. Les responsables du M23-AFC accusent Kinshasa, tandis que les proches du Gouvernement congolais renvoient la responsabilité vers le Rwanda.
Mais au-delà de la bataille des récits, une question domine : pourquoi frapper à Goma et provoquer un incident susceptible d'émouvoir la communauté internationale ? La réponse se trouve probablement dans l'impasse diplomatique qui caractérise le processus de paix engagé à Doha. Les discussions entre Kinshasa et les rebelles du M23-AFC sont au point mort, et les arrangements économiques et sécuritaires signés à Washington ont déplacé les priorités.
L'attaque du 11 mars pourrait être interprétée comme une opération de pression stratégique pour réactiver l'intérêt international et rouvrir le canal diplomatique. Les réactions de la Belgique et de la France montrent que l'effet recherché a été atteint. Mais la question reste : la communauté internationale saura-t-elle transformer ce choc en opportunité de paix ? La mort de Karine Buisset rappelle que lorsque les négociations s'éteignent, la violence cherche toujours un moyen de se faire entendre.