Par Gratis Makabi
Le ministère public a sollicité des dommages-intérêts à hauteur de 250 millions dollars américains, à Marcel Malanga et d'autres présumés pour avoir fait subir à la République des préjudices moraux et matériels, suite au coup d'État manqué du dimanche 19 mai 2024.
D'après maître Clément Muza, avocat au barreau de Kinshasa-Matete, c'est un avis précipité, et il faut attendre la décision de la Cour pour savoir d'où les prévenus trouveront l'argent pour compenser.
"C'est aller vite en besogne, parce qu'il ne s'agit que d'un avis donné par le ministère public, et le juge n'est pas tenu à l'avis donné par le ministère public, que ça soit un avis écrit ou parlé. Il faut attendre la décision de la Cour. C'est à partir de là qu'on saura si les prévenus sont condamnés ou pas. Et, même s'ils sont condamnés par décision de la Cour, ils ont la possibilité d'interjeter appel. Il faut prendre patience et voir quelle sera l'issue du procès, à travers un arrêt décisif. Et là, les plaidoyers vont commencer", a-t-il déclaré.
Et maître Clément Muza Kayembe de poursuivre : "Il n'appartient pas au ministère public de maintenir sa décision. Lui, il poursuit et apporte les éléments de preuve devant la Cour, et c'est à cette dernière de donner la décision de droit, c'est-à-dire par voie d'un arrêt. La culpabilité de ces prévenus innocents n'est pas encore établie, parce que le procès est encore en cours".
Pour rappel, 51 prévenus au total se sont présentés devant les juges, lors de la première audience déroulée le 07 juin dernier. Deux sont déclarés morts, dont Christian Malanga. Il y avait 3 américains, 1 britannique, et une quarantaine de Congolais. Ces prévenus sont accusés d'Attentat, de Terrorisme, de la Détention illégale d'arme et munitions de guerre, de la Tentative d'assassinat, de l'Association des malfaiteurs, de Meurtre, et de Financement du terrorisme.
Ces assaillants sont reprochés d'avoir commis plusieurs actes de violence à l'endroit de trois policiers, à Delvaux, le même dimanche 19 mai 2024. Ils ont arraché les armes à feu de ces policiers, attaqué la résidence de Vital Kamerhe, assiégé le Palais de la Nation, saboté les symboles de souveraineté, en enlevant le drapeau de la RDC, pour mettre celui du New Zaïre, et déclaré la fin du pouvoir de Félix Tshisekedi.
Le ministère public a requis la peine de mort contre eux tous, soit la peine la plus lourde, pour le grief de l'Association des malfaiteurs, mais aussi pour avoir tué Kévin Tamba et deux policiers de Vital Kamerhe.