Par Gloire Balolage
Augustin Matata Ponyo, ancien Premier ministre sous Joseph Kabila et actuel sénateur, a exprimé sa réaction face à la réactivation du dossier Bukangalonzo, qu’il considère comme étant principalement un instrument politique destiné à entraver ses ambitions politiques. Selon lui, ce dossier n’a de judiciaire que de nom, et il s'agit d'une manœuvre pour le discréditer et le bloquer dans ses projets.
Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, Matata Ponyo a dénoncé le caractère politique du procès, soulignant que cette affaire avait refait surface à plusieurs occasions, chaque fois qu'il avait pris des initiatives politiques importantes. Il a notamment évoqué son projet de créer son parti politique, (Leadership, Gouvernance pour le Développement), ainsi que ses ambitions de se présenter à la présidence, des actions qui semblent, selon lui, avoir déclenché la réactivation du dossier.
"Ce dossier, plutôt politique que judiciaire, réapparaît chaque fois que le pouvoir politique initie une action en sa faveur, pour ratisser large. Pour mémoire, le dossier Bukangalonzo est né parce que j'ai refusé d'intégrer l'Union Sacrée, il a été réactivé pour m'empêcher de créer mon parti politique, le LGD. Il est réapparu pour me dissuader de déposer ma candidature à la présidentielle. Aujourd'hui, il est remis sur la table des juges. Tous les Congolais le savent", a déclaré Matata Ponyo.
Pour Matata Ponyo, ce procès est une manœuvre délibérée du pouvoir en place, pour exercer des pressions sur lui, notamment en raison des discussions politiques en cours, concernant un éventuel Gouvernement d'union nationale et un dialogue politique. Il a affirmé que la réactivation de ce dossier visait à le faire taire et à l’empêcher de jouer un rôle politique actif, en le privant de ses droits et en l’empêchant de se porter candidat à des fonctions publiques.
"Pour exercer une pression sur moi, à cause du dialogue politique et du Gouvernement d'union nationale, qui se profilent a l'horizon, c'est donc un procès politique, un dossier de la honte de notre justice", a-t-il ajouté, dénonçant ainsi l'instrumentalisation de la justice à des fins politiques.
Le dossier Bukangalonzo fait l’objet d’une relance, après une longue période d’inactivité. L’audience initialement prévue le 3 mars 2025 a bien eu lieu à la Cour constitutionnelle, qui a siégé en matière répressive. Les trois prévenus, Augustin Matata Ponyo, Deogratias Mutombo et Christo Grobler, ont comparu par le biais de leurs avocats. Une nouvelle audience a été fixée au 14 avril 2025, après une demande de remise formulée par les avocats des prévenus.
La relance du procès Bukangalonzo, qui avait été mis en pause pendant plusieurs mois, a été expliquée par plusieurs facteurs. La première raison évoquée a été la période électorale, durant laquelle l’un des prévenus, Matata Ponyo, était candidat à la présidentielle, et la Cour constitutionnelle avait respecté ses droits civiques, en suspendant les procédures. La deuxième raison était liée aux contentieux électoraux, qui ont empêché la Cour de siéger pendant cette période.
Enfin, la troisième raison évoquée par les avocats des prévenus était que ces derniers n’avaient pas reçu les convocations nécessaires pour l’audience initiale, une demande qui a été rejetée par le procureur général et la Cour constitutionnelle, qui a insisté sur le fait qu’une remise de plus d’un mois ne pouvait être accordée.
Malgré les demandes de remise, la Cour constitutionnelle a rappelé que l’affaire était d’ordre répressif et que la remise ne pouvait excéder un mois, dans le but de permettre à toutes les parties d’avancer sur le fond du dossier. La prochaine audience est, désormais, fixée au 14 avril 2025.
Ce dossier, qui implique des accusations liées à des détournements de fonds dans le cadre du projet Bukangalonzo, suscite de nombreuses interrogations et débats, notamment sur la politisation de la justice en RDC.