Breaking News

Justice : après son jugement, Roger Lumbala dénonce une « injustice » et affirme que « la dignité ne s’emprisonne pas »

Catégorie
Image
Roger Lumbala, ex-chef rebelle congolais
Roger Lumbala, ex-chef rebelle congolais

Par Patrick Kitoko

Condamné par la Justice française, l’ancien chef rebelle congolais Roger Lumbala Tshitenga s’est exprimé depuis sa prison parisienne, dans un long message, à la tonalité à la fois politique et spirituelle. Adressé au « peuple congolais », au « peuple africain » et aux « amis de la justice et de la vérité », ce texte marque sa première prise de parole publique depuis sa condamnation par la Cour d’assises de Paris.

Ancien chef de guerre, ex-ministre et ancien député national en République démocratique du Congo, Roger Lumbala rejette le silence et affirme ne pas se considérer comme vaincu.

« Je ne me tiens pas devant vous comme un homme brisé, mais comme un homme debout », écrit-il, soutenant que son incarcération ne met pas fin à son engagement politique. S’appuyant sur des références bibliques, il affirme que « les chaînes ne font jamais taire la vérité » et que la « dignité humaine ne peut être emprisonnée.»

Au cœur de son message, l’ancien responsable rebelle développe une lecture politique de sa condamnation. Il dénonce ce qu’il qualifie de « système néocolonial » qui, selon lui, chercherait à « criminaliser, humilier et faire taire » ceux qui défendent la souveraineté africaine. Roger Lumbala inscrit ainsi sa situation personnelle dans une histoire plus large des relations entre l’Afrique et l’Occident, qu’il décrit comme marquées par la domination et l’injustice.

Pour étayer son propos, il convoque plusieurs figures emblématiques du panafricanisme et de la pensée anticoloniale, telles que Patrice Lumumba, Frantz Fanon, Thomas Sankara ou encore Aimé Césaire. Ces références visent à légitimer son discours et à présenter son combat comme s’inscrivant dans une continuité historique de luttes pour l’émancipation et la dignité des peuples africains.

Sans appeler à la haine ni à la violence, Roger Lumbala affirme privilégier « une lutte de conscience, de mémoire et de dignité ». Il dit ne pas rechercher la vengeance, mais plaider pour une justice qu’il espère voir triompher « comme un fleuve ». Se présentant comme « la voix des sans-voix », il affirme parler au nom des peuples africains marginalisés et des générations futures.

« Les prisons se ferment, mais les idées justes traversent les murs », écrit encore l’ancien chef rebelle, convaincu que l’histoire finira par réhabiliter ceux qui, selon lui, ont choisi « le camp de leur peuple ».

Cette prise de parole intervient alors que sa condamnation a été saluée par plusieurs organisations de défense des droits humains comme un signal fort dans la lutte contre l’impunité des crimes internationaux. De son côté, Roger Lumbala continue de contester la légitimité du verdict sur les plans politique et moral.

Reste désormais à mesurer l’écho que ce discours trouvera en République démocratique du Congo et au sein de la diaspora congolaise, dans un contexte où la mémoire des conflits passés, la quête de justice et la responsabilité des anciens chefs de guerre demeurent des sujets profondément sensibles.

Mercredi 17 décembre 2025 - 07:35