Par Gloire Balolage
L’Association congolaise pour l’Accès à la justice (ACAJ) a salué, dans un communiqué de presse signé par son président national Georges Kapiamba, la condamnation de trois magistrats et d’un opérateur économique à l’issue d’un procès en flagrance conduit par la Cour d’appel du Haut-Katanga. Cette organisation de la société civile dit avoir suivi avec une attention soutenue cette procédure judiciaire ayant abouti, le lundi 26 janvier 2026, à la condamnation de trois juges de la Cour d’appel de Kalemie ainsi que d’un opérateur économique, dans une affaire liée à la corruption au sein du système judiciaire.
Selon l’ACAJ, les magistrats Zantoko Mayikila Hervé, Mbele Lalo Christophe et Asanga Kabalo Raphaël ont été reconnus coupables de faits de corruption, aux côtés de Kafwimbi Kiwele Joseph, présenté comme corrupteur. Des peines de servitude pénale ont été prononcées à leur encontre, à savoir 36 mois de prison contre Zantoko Mayikila Hervé et Mbele Lalo Christophe, 15 mois contre Asanga Kabalo Raphaël, et 24 mois de prison ferme contre l’opérateur économique Kafwimbi Kiwele Joseph.
L’ACAJ a également pris acte des peines complémentaires prononcées par la juridiction, notamment l’inéligibilité des juges condamnés, leur interdiction d’accéder aux fonctions publiques, ainsi que l’interdiction d’exercer des responsabilités au sein des institutions bancaires et d’accéder aux marchés publics. L’association considère ces mesures comme des signaux importants dans la lutte contre l’impunité et la corruption au sein des institutions judiciaires.
Toutefois, elle se dit profondément préoccupée par ce qu’elle qualifie de caractère « complaisant » des peines privatives de liberté infligées aux magistrats. L’ACAJ estime que ces sanctions auraient dû se situer entre 10 et 20 ans de prison ferme, au regard de la gravité des faits reprochés, notamment la trahison de la confiance du peuple et des victimes directes et indirectes des faits de viol pour lesquels ces juges étaient saisis par l’organe de la loi. L’association déplore également l’absence d’indemnisation des victimes dans cette décision judiciaire.
Face à cette situation, l’ACAJ exhorte l’organe de la loi à exercer un pourvoi en cassation contre l’arrêt de la Cour d’appel du Haut-Katanga, en raison du caractère jugé complaisant des peines et de l’absence d’indemnisation des victimes. À défaut, l’organisation recommande au ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, d’user de ses prérogatives légales afin de corriger cette situation.
Dans son communiqué, l’ACAJ appelle également la Fédération des Entreprises du Congo à sensibiliser ses membres afin qu’ils se détachent définitivement des pratiques de corruption, rappelant que les fraudes douanières, fraudes fiscales, spoliations de biens publics et privés, ainsi que le blanchiment de capitaux doivent être désormais bannis en République démocratique du Congo. L’organisation met en garde contre les conséquences judiciaires que peuvent entraîner ces pratiques.
Enfin, l’ACAJ encourage la société civile et la population à redoubler de vigilance face à ces dérives et à les dénoncer systématiquement auprès de la justice. Elle annonce également l’ouverture d’un plaidoyer actif auprès du Conseil supérieur de la magistrature, du ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, de la Première ministre et du Président de la République, afin d’obtenir la révocation des trois juges condamnés.