Par Patrick Kitoko
Le fonctionnement de la justice pénale est quasiment paralysé depuis plus de deux ans au Tribunal de paix de Mambasa, dans la province de l’Ituri. En cause, l’insuffisance de juges pour siéger valablement dans les affaires pénales. Une situation qui plonge de nombreux détenus dans une attente interminable et soulève de vives inquiétudes quant au respect de leurs droits fondamentaux.
Selon des sources locales, le Tribunal de paix de Mambasa ne dispose actuellement que d’un seul magistrat. Ce dernier ne traite que les affaires civiles et coutumières, alors que la législation exige la présence d’au moins trois juges pour examiner les dossiers pénaux. Conséquence directe, aucun procès pénal n’a été organisé dans cette juridiction depuis deux ans et six mois.
Cette paralysie judiciaire a des répercussions dramatiques sur la situation carcérale dans la région. La prison centrale de Mambasa s’est progressivement transformée en un lieu de détention prolongée pour des prévenus dont les dossiers restent en attente. Plusieurs détenus, pourtant présumés innocents, y sont incarcérés depuis deux à trois ans, sans avoir comparu devant un juge.
Des témoignages évoquent une situation marquée par la malnutrition, la propagation de maladies chroniques et, dans certains cas, des décès parmi les prisonniers. Face à cette crise, la société civile locale tire la sonnette d’alarme. Dans une déclaration faite, jeudi 5 mars 2026, Me Jospin Paluku Mbowa, coordonnateur de la Nouvelle Société Civile Congolaise dans le territoire de Mambasa, a appelé les autorités judiciaires à agir rapidement.
“ Nous demandons au Conseil supérieur de la magistrature de songer le plus vite possible au Tribunal de paix de Mambasa, en affectant de nouveaux juges, afin de pallier à cette situation ”, a-t-il déclaré.
Pour les acteurs de la société civile, cette situation illustre les difficultés structurelles auxquelles fait face l’appareil judiciaire congolais, notamment le manque de ressources humaines dans certaines juridictions éloignées.
Un déficit qui compromet l’accès des citoyens à une justice équitable et rend incertain le respect du principe fondamental d’un jugement dans un délai raisonnable.