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Visite du couple Royal en RDC : Pr Ayu Lumeya révèle les retombées à court terme [Tribune

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Prof Fidèle Ayu Lumeya
Prof Fidèle Ayu Lumeya

Par la Rédaction 

Le séjour du couple Royal Belge en République Démocratique du Congo (RDC) était-il une occasion pour le peuple Congolais d'exhumer les méfaits du passé colonial avec les interminables demandes du Congo à la Belgique qui tournent autour de la réparation et ou de la restitution?

Ou soit passer l'éponge dessus et regarder l'avenir dans une même direction pour les bien des uns et des autres.

Telles sont les questionnements que le professeur Fidèle Ayu Lumeya, Enseignant-chercheur et écrivain au Centre Universitaire de Missiologie à Kinshasa, CUM a pu répondre dans sa tribune intitulée "Ecce homo ( voici l’homme): les retombées à court terme de l'arrivée du Roi des Belges Philippe au Congo" que nous publions in extenso.

Ecce homo (« voici l’homme ») est l’expression utilisée par Ponce Pilate dans la traduction de la Vulgate de l’évangile de Jean (19:5) lorsqu’il présente Jésus à la foule, battu et couronné d’épines, avant la Crucifixion. Ecce homo serait aussi une manière dont le président Congolais aurait introduit le Roi des Belges Philippe et sa femme la Reine Mathilde le 8 juin 2022 à Kinshasa.

D'aucuns au Congo Kinshasa ignorent l'histoire de la colonisation Belge au Congo et surtout ses méfaits transgénérationnels. Le post traumatique désordre, PTSD, est à la fois inter et intragénérationnels. Comme dans tout PTSD, le future dépend de la guérison ou pas des blessures. Si elles sont plus profondes et non guéries elles dictent et crée les conflits à cinq niveaux : relationnel, personnelle, culturel, structurel et au systémique. C’est ce qui s’observe et se ressent aux deux rives de l’Atlantique. Pour certains Congolais la guérison a la blessure est la réparation laquelle est rejetée par la Belgique. 

Le Roi a préféré présenté des regrets. Au Congo Kinshasa, cette relation est comparée à un mariage avec des hauts et des bas mais exclut tout idée d’un divorce grâce à la présence des enfants. Plusieurs Congolaises/Congolais considèrent les belges comme des oncles (ba noko en lingala). Donc au lieu de mari et femme la relation est plus oncle-neveu/nièce. La diplomatie entre les deux pays subit les soubresauts politiques et doit des ajustements ou mieux de négociation et renégociation pour la garder toujours vivante. Entre les deux le vivre ensemble est clé. Cette relation a par moment de refroidissement tantôt de réchauffement. Certains ont parlé du contentieux qu’il a fallu réglé pour que la guérison soit complété.Au Congo le mot contentieux Belgo-Congolais a presque dominé la quasi-totalité de 32 ans de règne de l'ex-président Mobutu. Ces interminables demandes du Congo à la Belgique tournaient autour de la réparation et ou de la restitution. Ce fameux contentieux Belgo-Congolais dépendait des sauts d' humeurs.

Une reconnaissance personnelle du Roi des Belges non seulement au caporal mais le Roi honneur la mémoire des militaires Congolais de la Force Publique mort durant les deux guerres mondiales, pour le compte de la Belgique. La troisième note et non la moindre est culturelle et cultuelle. Le Roi des Belges restitue au peuple Suku, leurs masques religio-culturelle. Le Suku est une ethnie qu'on retrouve à l'Ouest du Congo, dans la province du Kwilu. Personne ne peut dire quand et comment cette masque culturelle et cultuelle a disparu du village pour se retrouver en Belgique. Il n’ a pas disparu, il a été volé. Le Roi restitue la dent du héros de l'indépendance du Congo Patrice E. Lumumba. Juliana Amato Lumumba fille du premier premier ministre Congolais a personnellement écrit au Roi Philippe de Belgique demandant " le juste retour des reliques de Patrice Emery Lumumba sur la terre de ces ancêtres".Malgré toutes ces grandes notes à moins de contenir les soubresauts politiques du deux côtés de l'Atlantique personne ne peut prédire la viabilité de la relation Belgo-Congolaise pour que le futur du vivre ensemble soit plus stable.

Mardi 14 juin 2022 - 15:06