Par Bijou NDJODJI BATEKO
Que Tshisekedi, dans son discours d'investiture, ait dit qu'il s'engage, "tirant les leçons de l'expérience passée", à user de tout ce qui est à son pouvoir, "pour que les erreurs du passé ne se reproduisent plus", cela prouve à suffisance combien le Président réélu reconnaît, en toute honnêteté et humilité, avoir commis quelques maladresses dans sa gestion de la chose publique, durant son premier quinquennat. À lire le fils Tshisekedi entre les lignes, ce sont justement ces bévues dans lesquelles il n'entend plus retomber. De peur de l'empêcher d'atteindre les six objectifs qu'il s'est assigné, pour son nouveau et dernier mandat à la tête de la RDC -République démocratique du Congo-. Mais quelles sont ces erreurs ? Ne vont-elles pas vraiment se reproduire ? Comment s'y prendre ? Tentatives de réponses.
Les Congolais attendent beaucoup de Tshisekedi. En tout cas, ils attendent gros. En contrepartie de la confiance lui renouvelée. Un plébiscite. Au terme de la présidentielle du 20 décembre 2023.
Pacte scellé
Ce jour-là, le mercredi 20 décembre 2023, les Congolais ont fait preuve d'un élan démocratique, pris leur destin en main, sauvé de justesse le processus électoral, et, au finish, jeté leur dévolu sur le candidat Président de la République n°20, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
En clair, les Congolais ont voté le programme du candidat à sa propre succession. Programme leur présenté tout au long de la campagne électorale.
En renouvelant leur confiance à Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour que ce dernier préside à la destinée de leur pays pour un second mandat, les Congolais ont, en vérité, signé un contrat social avec le Président réélu. Non sans remplir leur engagement.
Reste que l'autre partie, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, celui qui a été plébiscité, puisse, à son tour, jouer sa partition.
Les six objectifs
C'est dans cette optique, que le Président réélu, dans son discours d'investiture, a rappelé les six (6) engagements qui résument sa détermination à offrir des solutions pragmatiques par la force de la volonté et de la mobilisation des énergies de tous.
Ces engagements sont les six (6) objectifs à atteindre, à savoir, créer plus d’emplois ; protéger le pouvoir d’achat des ménages ; assurer avec beaucoup plus d’efficacité la sécurité de nos populations, de notre territoire, de nos biens ainsi que la préservation de nos intérêts ; poursuivre la diversification de notre économie et d’accroître sa compétitivité ; garantir plus d’accès aux services de base ; et, enfin, renforcer l’efficacité de nos services publics.
Une fois les objectifs ci-haut cités atteints, la partie Tshisekedi s'est, lui aussi, acquitté de ses devoirs vis-à-vis de son partenaire, le peuple congolais, souverain primaire, qui, en vérité, est le mandant.
"Erreurs du passé" à éviter !
Pour honorer ses engagements et bien remplir sa part de contrat, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo se doit de s'interdire un certain nombre de choses et de pratiques, qu'il appelle lui-même "les erreurs du passé".
Parmi ces maladresses figurent, entre autres, l'impunité. Ce qui a occasionné des détournements des deniers publics, des rétro commissions, des corruptions et des bakchichs.
Sous Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, il n'y a eu, durant son premier mandat, aucun projet ni programme, à quelques exceptions près, dont les fonds publics n'ont pas été détournés en grande partie.
De "100 jours" au PDL-145T, en passant par "Tshilejelu" et consorts, l'argent du contribuable congolais a été dilapidé.
Des travaux, pour la plupart, sont restés inachevés, pendant que les détourneurs, eux, jamais inquiétés, se la coulent douce, roulent carrosse et dorment palace.
Il faut noter que ce fléau de l'impunité est la racine de tous les maux, qui gangrènent toute la société rd-congolaise, dans tous les secteurs de la vie nationale.
Dans l'Armée, par exemple, depuis les Kabila, l'on crie à l'infiltration, qui est à la base de son dysfonctionnement et de son affaiblissement. Fort malheureusement, les sanctions ne se font pas suivre. On se limite aux simples dénonciations. Ce qui fait dire à certains analystes, sans peur d'être contredits, que les vrais traîtres du Congo démocratique se recrutent parmi bon nombre de dirigeants rd-congolais, qui complotent avec les infiltrés, les terroristes du M23, le régime rwandais et les impérialistes, qui ne jurent que sur la balkanisation du Congo.
C'est ce qui fait qu'il y ait l'effusion continue du sang des Congolais et la croissance exponentielle du nombre des personnes tuées et massacrées dans la partie orientale du pays, et, aujourd'hui, dans le grand Bandundu, au Kongo central, à la Tshopo, au Maniema, à l'Équateur, voire à Kinshasa. Bref, l'insécurité est devenue récurrente sur toute l'étendue du territoire national.
Certains analystes évoquent également le clientélisme et le népotisme, qui ont pris de l'ascendant sur les critères de compétences, de probité morale, d'intégrité et d'honorabilité dans la nomination des mandataires, agents et cadres au sein de l'administration publique et des entreprises de l'État.
L'incompétence et la médiocrité ont atteint leur paroxysme dans toutes les institutions publiques. Avec comme conséquences, l'immobilisme, l'inaction et le laxisme du Gouvernement.
Des conséquences qui ont eu des répercussions très graves sur l'économie et le social. Érosion du pouvoir d'achat, dépréciation de la monnaie locale par rapport à la devise étrangère, flambée des prix des produits de première nécessité sont, en substance, l'échantillon des fléaux infligés injustement à ceux qui avaient, pourtant, voté le fils Tshisekedi en 2018.
En un mot comme en mille, quoique non exhaustives, les erreurs du passé qui ne doivent pas coller Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo à la peau, tout au long de son second mandat, afin de bien le réussir, sont, entre autres, la complaisance, le clientélisme, le népotisme, le laxisme et l'impunité.
Comment s'y prendre ?
Aujourd'hui que Tshisekedi réélu de plus belle manière, avec une large majorité présidentielle et parlementaire, les Congolais pensent qu'il jouit, plus que jamais auparavant, de tous les pouvoirs d'agir et non plus de se plaindre ni de pleurnicher, comme ce fut le cas sous la coalition FCC-CACH de triste mémoire.
C'est, d'ailleurs, à ce juste titre, que le Président réélu, tirant les leçons de l'expérience passée, n'a pas caché son engagement à user, durant son second mandat, de tout ce qui est à son pouvoir, "pour que les erreurs du passé ne se reproduisent plus, et pour que les actions nécessaires à l'avancement de notre pays soient promptement prises".
C'est, en tout cas, ce que les Congolais attendent de leur "FATSHI béton", dès l'entame de ce nouveau mandat. Sans attendre.
Pour raison des résultats, "le Chef" est appelé, au besoin, à commencer d'abord par balayer sa propre cour, en se faisant entourer des hommes et femmes compétents et intègres. Et tout le reste suivra. Cela va de soi.
C'est seulement à ce prix là, que Tshisekedi pourra bien honorer tous ses six (6) engagements, dont la finalité est de créer plus d'emplois pour les jeunes à la sortie de la formation et pour les personnes sous-emploi, de maîtriser le coût de la vie et de garantir la sécurité des citoyens où qu'ils vivent.
Agir autrement, c'est tout plomber et rester dans le statu quo de l'impunité.