Chef de file du MCID-Mouvement politico-littéraire-
Par la Rédaction
Au regard de la situation sécuritaire qui prévaut dans le Grand Kivu, des voix se lèvent pour réclamer une négociation, disons un dialogue entre le pouvoir de Kinshasa et les rebelles. C'est dans cette optique que Gladis Kingombe, Chef de file du MCID -Mouvement politico-littéraire-, a adressé une lettre ouverte au chef de l'État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
"Après la chute de la ville de Bukavu, j'ai résolu librement, sans contrainte, de vous adresser aujourd'hui ce courrier au nom du Mouvement politico-littéraire MCID que je coordonne en tant que Chef de file; en attendant la sortie imminente de mon ouvrage sur les Secrets de la Guerre politico-économique de l'Est de la RDC, je me permets de m'adresser à vous, publiquement, de façon cash et directe, à partir de Goma, sur la nécessité de se retrouver autour d'une table avec toutes les parties prenantes y compris l'AFC/M23; car, il y a vraiment nécessité de négocier; de dialoguer et de pourparler avec ses frères congolais, en vue de stopper les hostilités à l'Est, plus spécialement dans le Kivu, avant de négocier avec Paul Kagame", a-t-il écrit.
Et d'ajouter: "Je ne suis pas en quête d'un Buzz ou d'un poste ministériel, encore moins d'une reconnaissance. Mais, ma question est très simple, mais pertinente : "Monsieur le Président, entre le sol et les vies humaines innocentes, qu'est-ce qui est précieux et prioritaire à vos yeux?" Il n'y a pas de honte à capituler pour sauver des vies humaines, cher Président."
À l'entame du deuxième mandat du Président Félix Tshisekedi, Gladis Kingombe dit avoir salué ses initiatives d'améliorer la situation sécuritaire dans l'Est, et il l'encourage d'en faire une priorité en ce moment précis; ce n'est plus le moment de s'accuser; de se dédouaner; de calomnier; de victimisation et consort; l'heure est à la cohésion nationale et à la recherche de la paix durable.
"Je vous exhorte à négocier directement avec les M23 sous les auspices des princes de l'église. C'est dur mais c'est la seule voie pacifique de sortie de cette crise persistante.
Je sais que vos zélés adeptes vous diront de ne pas suivre mes précieux conseils, ils n'hésiteront pas même à me qualifier de "Agent de Kagame", tout simplement parce que je suis réaliste, et que je vous encourage à pourparler avec d'autres Congolais", a-t-il indiqué.
Et d'ajouter: "Demain ils changeront des camps comme tous ceux qui jurent, chantent et dansent pour vous aujourd’hui, alors qu’hier ils juraient, chantaient et ne dansaient que pour Kabila. Faire la guerre au Rwanda c'est bien; riposter militairement à Goma et à Bukavu, en bombardant des villes et zones peuplées, c'est facile à encourager; surtout quand on est à 2000 kilomètres du champ de bataille. Mais demandez à Bemba; à la CPI, vous serez seul et tous ces extrémistes n'y seront pas."
Monsieur le Président, souligne-t-il, "ils vous trompent en vous disant de ne pas négocier, alors que la diplomatie a lamentablement échoué; le front militaire ne produit pas de résultats escomptés. Ils vous mentent, ceux qui vous disent qu’il faut riposter militairement à Goma et à Bukavu, comme si ce sont des savanes occupées que par des rebelles. Ils vous mènent en bateau, ceux-là qui vous flattent et chantent BETON tous les jours, et prônent, non pas la paix d'abord, mais leurs postes d’abord, la tribu d’abord, l’Udps d’abord, l’Union sacrée d’abord..."
Et de marteler: "Vous êtes le Président de la RDC, il vous appartient de prendre la mesure sage et courageuse et de négocier pour l’intérêt général et non partisan.
Ça ne doit pas être une question d'égo ou de honte, mais de la patrie et de plus de 110 millions de Congolais."