Joseph Kabila : "Sous Tshisekedi, la dette publique a explosé, sans développement visible"

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Joseph Kabila,  président honoraire de la RDC
Joseph Kabila, président honoraire de la RDC

Par Prehoub Urprus

Dans son discours à la Nation, Joseph Kabila Kabange a pointé du doigt ce qu’il considère comme l’un des signes les plus alarmants de la dérive actuelle du pays : l’explosion de la dette publique sous le règne de Félix Tshisekedi, sans retombées positives concrètes pour la population ni pour l’économie.

"Malgré l’augmentation des recettes publiques et le soutien renforcé des bailleurs internationaux, aucun investissement structurant n’a été réalisé. Par contre, l’endettement public a de nouveau grimpé en flèche, dépassant la barre de dix milliards de dollars", a déploré l’ancien Président.

Joseph Kabila rappelle qu’à la fin de son mandat, la RDC avait atteint, en 2010, le point d’achèvement de l’initiative PPTE -Pays Pauvres Très Endettés-, réduisant considérablement sa dette extérieure. Il souligne que cette discipline budgétaire était le fruit de réformes douloureuses, mais structurantes menées entre 2002 et 2018, notamment les nouveaux codes minier, forestier, des assurances et de la sous-traitance.

"Nous avions maîtrisé l’endettement. Aujourd’hui, le pays replonge dans une spirale de dette, sans cadre clair de remboursement ni vision à long terme", accuse-t-il.

L’ancien chef de l’État s’interroge sur l’usage réel des financements contractés depuis six ans. "Où sont passés ces milliards ? Où sont les routes, les hôpitaux, les barrages, les écoles ou les zones industrielles qu’ils auraient dû générer ?", a-t-il lancé, dans une critique à peine voilée contre le programme dit de développement à la base du régime actuel.

Au-delà du bilan, Kabila met en garde contre les risques futurs. "L’endettement actuel suscite des inquiétudes légitimes sur la solvabilité à moyen et long terme du pays", avertit-il, soulignant que la RDC risque de retomber dans le piège de la dépendance et de l’austérité imposée par les institutions financières internationales.

Dans ce discours, l’ancien Président ne se contente pas de critiquer : il invite à restaurer une gouvernance économique rigoureuse, fondée sur la transparence, l’efficacité et l’équité. Pour lui, la dette doit redevenir un outil de développement, et non un fardeau hypothéquant l’avenir des générations à venir.

Samedi 24 mai 2025 - 08:48