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Crises en RDC : le CNSA regrette l'exposition des différends congolais à l’étranger et relance l’appel à un dialogue inclusif

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Joseph Olenghankoy Mukundji,  président du CNSA
Joseph Olenghankoy Mukundji, président du CNSA

Par Prehoub Urprus

Réuni en session ordinaire, ce mardi 8 juillet 2025, à Kinshasa, le CNSA -Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral- a exprimé ses vives préoccupations face à la montée des tensions internes en RDC -République démocratique du Congo-. Sous la présidence de Joseph Olenghankoy Mukundji, l’organe a plaidé pour un dialogue direct entre Congolais, en vue d’endiguer les crises politiques, sécuritaires et identitaires qui minent le pays.

Le CNSA déplore la perte de confiance entre les composantes nationales, qui préfèrent recourir à des médiations étrangères. "Nous exposons nos différends internes à une multitude de puissances extérieures, en Afrique, en Occident et en Asie. Ce choix affaiblit notre souveraineté et notre capacité collective à trouver des solutions durables", souligne la déclaration.

Faisant référence à l'expérience réussie du dialogue de Sun City, en Afrique du Sud, le Conseil rappelle que les Congolais ont déjà démontré leur aptitude à résoudre leurs propres conflits, même les plus complexes, comme lors des pourparlers ayant mis fin aux rébellions armées du début des années 2000.

Le CNSA recommande dès lors une application effective des mesures de décrispation politique, à la fois du côté du Gouvernement et de l'opposition armée. Dans cette logique, il prévoit de rencontrer toutes les parties prenantes, pour favoriser un cadre de négociation interne avant toute éventuelle médiation internationale. Une mission officielle dans l’Est du pays est en préparation, notamment à Goma et Bukavu, avec l’appui sollicité du Gouvernement central et de la Monusco pour la logistique.

Le deuxième point à l’ordre du jour de la réunion a porté sur les récentes violences à caractère tribal dans la province du Lualaba, où huit motocyclistes ont été retrouvés morts entre le 3 et le 5 juillet, dans la brousse de Kisankala. Le CNSA condamne fermement ces actes barbares, symptôme, selon lui, de l’inaction des autorités face aux signaux d’alerte répétés sur la montée du tribalisme.

Le Conseil rappelle avoir, dès février 2025, saisi la Première ministre à ce sujet par une correspondance restée sans suite. Il avertit que la multiplication des discours et actes haineux entre communautés constitue une grave menace pour l’unité nationale.

En conclusion, Joseph Olenghankoy appelle l’ensemble des institutions, partis politiques et organisations sociales à œuvrer pour la paix, dans un esprit de responsabilité nationale.

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Mercredi 9 juillet 2025 - 08:22