Par Gloire Balolage
Alors que l’accord signé à Washington entre la RDC -République démocratique du Congo- et le Rwanda a été salué comme une avancée diplomatique, Wilfried Linjanja, acteur influent de la société civile du Nord-Kivu, pense que cet accord ne saurait constituer une solution durable au conflit qui ravage la sous région des Grands Lacs.
«L’accord de Washington est certes un bon début, mais il ne représente qu’une petite partie de la solution», a-t-il affirmé. Selon lui, la résolution de la crise passe nécessairement par une introspection nationale et un engagement sincère des citoyens congolais autour de l’état réel du pays.
Le cœur de sa préoccupation reste l’inefficacité de l’accord face aux réalités du terrain. «Cet accord n’est pas opposable aux belligérants actifs à l’Est, notamment l’AFC-M23. Il est donc impératif d’explorer d’autres pistes, comme le processus de Doha, qui permet une discussion directe entre le gouvernement congolais et le M23», soutient cet acteur de la société civile.
La société civile estime que seul un dialogue inclusif peut permettre d’aboutir à une paix effective. «La population du Nord-Kivu, ainsi que celle du Sud-Kivu, attend un processus plus approfondi que celui de Washington. Doha représente une opportunité capitale pour rassurer le peuple», insiste-t-il.
Wilfried Linjanja appelle également à la relance du processus de Nairobi, suspendu depuis plusieurs mois. Ce dernier avait l’ambition de réunir autour de la table tous les groupes armés non étatiques opérant dans l’Est de la RDC, et non uniquement l’AFC-M23.
«Il est crucial d’achever le processus de Doha, mais aussi de réactiver celui de Nairobi. Car, le conflit dans l’Est ne se résume pas uniquement à un groupe armé : il s’agit d’un écosystème complexe de violences, qui exige une réponse globale», conclut-il.
L’accord de paix signé fin juin 2025 à Washington entre la RDC et le Rwanda, sous médiation des États-Unis et du Qatar, vise à désamorcer la crise dans l’est congolais. Il prévoit notamment le retrait des troupes rwandaises, l'arrêt du soutien aux groupes armés comme le M23 et les FDLR, ainsi que la création d’un mécanisme de sécurité conjoint.