Par Prosper Buhuru
Le président de la Coalition de la Gauche Congolaise (CGC), Jean-Marc Kabund-a-Kabund, a livré, ce samedi 07 février 2026, un discours sans concession sur l’état de la Nation, à l’occasion de la cérémonie d’échange de vœux avec la Conférence des présidents des partis et associations membres de sa plateforme. Un propos à forte charge politique, dans lequel il dénonce une crise multidimensionnelle marquée par la pauvreté, l’insécurité persistante et ce qu’il qualifie d’effondrement de la gouvernance publique.
Dès l’entame, Jean-Marc Kabund a salué l’engagement des forces politiques membres de la CGC, qu’il présente comme une plateforme devenue, en moins d’un an, une force politique et sociale crédible sur l’échiquier national. Il attribue cette progression à un travail collectif et à une vision idéologique fondée sur la justice sociale, la solidarité nationale et la défense des intérêts fondamentaux du peuple congolais.
Sur le fond, le leader de la CGC dresse un tableau sombre de la situation socio-économique du pays. Il évoque une pauvreté généralisée, un chômage massif touchant en premier lieu la jeunesse, un sous-emploi chronique et un coût de la vie en constante augmentation. Selon lui, de nombreuses familles congolaises éprouvent désormais de grandes difficultés à se nourrir, à se soigner et à assurer la scolarité de leurs enfants dans des conditions dignes.
Jean-Marc Kabund pointe également la dégradation avancée des infrastructures routières et énergétiques, qu’il considère comme un frein majeur au développement et à l’intégration nationale. À cette crise structurelle s’ajoute, selon lui, une montée inquiétante de la criminalité dans plusieurs centres urbains et territoires ; symptôme d’un désespoir social profond et d’un affaiblissement de l’autorité de l’État.
L’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale fustige, par ailleurs, des pratiques qu’il juge incompatibles avec une gouvernance républicaine, citant la corruption, le détournement des fonds publics, le népotisme et l’impunité. Il met en garde contre l’instrumentalisation du tribalisme et du discours identitaire, qu’il estime utilisés pour masquer l’échec des politiques publiques.
Sur le plan sécuritaire, Jean-Marc Kabund parle d’une « blessure ouverte » de la Nation, faisant référence à l’insécurité persistante dans l’Est du pays ainsi qu’à l’extension des violences dans d’autres espaces, notamment dans le Grand Bandundu et autour de Kinshasa. Pour lui, l’incapacité à restaurer durablement la paix pourrait conduire à une crise politique majeure à l’horizon 2028, marquée par le risque de non-tenue des élections dans les délais constitutionnels.
À travers ce discours, la CGC réaffirme sa volonté de se positionner comme une alternative politique, refusant, selon son président, les compromis de circonstance, les silences confortables et les ambiguïtés. Jean-Marc Kabund appelle à un cap clair, à des institutions respectées et à une gouvernance responsable, condition, selon lui, du redressement national.