Décentralisation en RDC : Thomas Luhaka démonte l’illusion du découpage sans transfert réel de pouvoir

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Le professeur Thomas Luhaka Losandjola
Le professeur Thomas Luhaka Losandjola

Par Prosper Buhuru

Le professeur Thomas Luhaka Losandjola, ancien président de l’Assemblée nationale et ancien ministre, a livré, ce dimanche 15 février 2026, une réflexion critique sur le découpage territorial de la République démocratique du Congo, estimant que la multiplication des provinces ne suffit pas à garantir le développement du pays sans un véritable transfert de compétences et de ressources vers les entités décentralisées.

Dans son analyse, l’ancien député national rappelle que, depuis 1914, la RDC est passée administrativement de 4 provinces à 6, puis 21, 9, 11 et enfin aux 26 provinces actuelles. Pourtant, observe-t-il, sur le plan du développement économique et social, la situation ne s’est pas améliorée depuis l’indépendance en 1960.

Pour Thomas Luhaka, le véritable enjeu ne réside pas uniquement dans le découpage territorial, mais dans l’effectivité de la décentralisation prévue par la Constitution. Il soutient que Kinshasa devrait accepter de partager réellement les compétences et les moyens financiers de l’État avec les provinces, les territoires, les collectivités et les groupements. Selon lui, les dispositions constitutionnelles existent déjà ; le défi demeure leur application rigoureuse.

L’ancien président de la chambre basse avance également un argument sécuritaire. À ses yeux, un gouverneur de province ou un administrateur de territoire compétent, doté de ressources financières, humaines et matérielles adéquates, serait en mesure de contenir rapidement toute velléité de rébellion ou toute poche d’insécurité avant qu’elle ne prenne de l’ampleur. Le partage effectif du pouvoir et des moyens entre le centre et les entités territoriales devient ainsi, selon lui, une question de sécurité nationale.

Cependant, Thomas Luhaka insiste sur la nécessité d’un encadrement institutionnel solide. Il préconise le renforcement des organes de contrôle tels que la Cour des comptes, le Conseil d’État, l’Inspection générale des finances et la Cour constitutionnelle, afin de garantir que les compétences transférées et les ressources allouées soient utilisées dans l’intérêt général. La consolidation d’un véritable État de droit constitue, selon lui, l’une des garanties essentielles du développement.

Évoquant la pensée d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba, qu’il qualifie de « sphinx de Limete », Thomas Luhaka conclut que le découpage territorial est une étape importante, mais insuffisante. Le développement durable de la RDC passe, d’après lui, par un partage réel du pouvoir et des moyens entre Kinshasa et les provinces, dans le strict respect de l’ordre constitutionnel.

Dimanche 15 février 2026 - 16:00