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RDC–AFC/M23 : accord trouvé à Montreux sur l’acheminement de l’aide humanitaire et la libération de prisonniers attendue au 27 avril 2026

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Sumbu Sita Mambu du Gouvernement congolais et Benjamin Mbonimpa du M23-AFC après la signature de l’accord-cadre de paix sous la supervision du Qatar et des USA [photo d’illustration]
Sumbu Sita Mambu du Gouvernement congolais et Benjamin Mbonimpa du M23-AFC après la signature de l’accord-cadre de paix sous la supervision du Qatar et des USA [photo d’illustration]

Par Prosper Buhuru

Le Gouvernement de la République démocratique du Congo et l’Alliance Fleuve Congo/M23 (AFC/M23) ont annoncé, ce vendredi 17 avril 2026, des avancées significatives dans la mise en œuvre de l’accord-cadre de paix de Doha, à l’issue de plusieurs jours de discussions tenues à Montreux, en Suisse, avec l’appui de partenaires internationaux.

Ces pourparlers, organisés du 13 au 17 avril, ont réuni les représentants des deux parties congolaises ainsi que ceux des États-Unis, de l’État du Qatar, de la République du Togo agissant comme médiateur de l’Union africaine, de l’Union africaine elle-même et de la Suisse. Les échanges ont principalement porté sur le protocole relatif à l’accès humanitaire, la protection judiciaire, la mise en place du mécanisme de surveillance du cessez-le-feu, ainsi que les mesures de confiance, notamment la libération des détenus.

Selon la déclaration conjointe publiée à l’issue des discussions, les parties ont enregistré des progrès substantiels en vue de finaliser un protocole garantissant un accès humanitaire « rapide, sûr et sans entrave » aux populations affectées par le conflit dans l’Est de la RDC. Elles ont réaffirmé leur engagement à faciliter la circulation du personnel humanitaire, des biens et des services, tout en assurant la protection des civils et des acteurs humanitaires.

Les deux parties ont également convenu de renforcer le respect du droit international humanitaire et des droits humains, en s’abstenant notamment de toute action susceptible de compromettre les infrastructures essentielles à la survie des populations civiles, telles que les installations sanitaires, scolaires, énergétiques ou hydrauliques.

Un des points majeurs de cet accord concerne la mise en œuvre du Mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE+), destiné à opérationnaliser le mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu. Avec le soutien logistique de la MONUSCO et l’implication de la CIRGL, des missions de vérification devraient être lancées dans un délai d’une semaine afin de suivre l’application du cessez-le-feu permanent.

Autre avancée notable : les parties ont convenu de procéder à la libération de prisonniers dans un délai de dix jours, conformément au mécanisme déjà établi en septembre 2025. Cette mesure est présentée comme une étape de confiance visant à consolider le processus de paix en cours. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a été salué pour son rôle dans la transmission des listes des détenus concernés. 

Cependant, alors que près de 1000 prisonniers affiliés à l’AFC/M23 et recensés par le CICR auraient dû être libérés, à Montreux, Kinshasa n'a validé que 311. 

"Ils seront libérés d'ici 10 jours. Les autres prisonniers sont en panique et craignent pour leurs vies", a-t-on appris.

Les discussions en Suisse ont également mis en avant la nécessité de maintenir la dynamique du dialogue et d’accélérer les négociations sur les protocoles restants, afin de parvenir à un accord global durable. Les participants ont, enfin, exprimé leur gratitude aux partenaires internationaux, notamment le Qatar, les États-Unis, la Suisse, le Togo, l’Union africaine et les Nations Unies, pour leur accompagnement dans ce processus.

Ces avancées interviennent dans un contexte où les enjeux humanitaires restent critiques dans l’Est de la RDC, marqué par des déplacements massifs de populations et des besoins urgents en assistance de base.

Vendredi 17 avril 2026 - 20:43