Par Patrick Kitoko
Le climat politique se crispe en République démocratique du Congo, alors que des figures de l’opposition multiplient les déclarations critiques à l’égard du pouvoir en place et de toute éventualité de troisième mandat présidentiel.
L’opposant Prince Epenge a vivement réagi en mettant en garde contre toute tentative de modification de l’ordre constitutionnel.
« On peut toujours construire un trône avec des baïonnettes, mais il est difficile de rester longtemps assis dessus », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que la conquête d’un troisième mandat impliquerait, selon lui, un recours à la force contre la population. Une sortie qui vise directement la coalition au pouvoir, notamment l’Union sacrée et le parti présidentiel.
De son côté, le président de l’ECiDé, Martin Fayulu, a dressé un constat sévère de la situation sécuritaire du pays. Il évoque une armée « défaillante », des services de sécurité « infiltrés » et une incapacité de l’État à assurer la protection des citoyens.
« Nous n’avons rien », a-t-il affirmé, dénonçant une fragilité persistante des institutions sécuritaires.
Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par des inquiétudes croissantes autour de la gouvernance et du respect des principes démocratiques en RDC. Elles traduisent également une montée des tensions entre l’opposition et la majorité, à mesure que les débats politiques s’intensifient sur l’avenir institutionnel du pays.
Alors que le pouvoir n’a pas officiellement évoqué une révision constitutionnelle en ce sens, les propos des opposants témoignent d’une vigilance accrue et d’un climat politique de plus en plus polarisé.