Par Serge Mavungu
La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a annoncé, lors du Conseil des ministres du 30 mai 2026, l’arrivée prochaine d’une commission d’enquête internationale chargée de documenter les violations graves des droits humains commises dans l’est de la RDC. Les experts sont attendus à Kinshasa le 7 juin 2026 avant de poursuivre leurs travaux à Goma.
La cheffe du gouvernement a fait cette annonce en revenant sur les missions menées récemment par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) ainsi que par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies.
Judith Suminwa a salué le bon déroulement de la mission de la CADHP, actuellement en RDC du 25 mai au 2 juin 2026. Cette mission s’inscrit dans le cadre de la résolution 643 adoptée en octobre 2025 par l’organe africain, qui condamne les violations massives des droits humains et les crimes internationaux perpétrés dans l’Est du pays.
Selon la Première ministre, cette mission répond également aux dispositions de l’article 45 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, qui confie à la CADHP le mandat de promouvoir et de protéger les droits humains à travers des enquêtes, des études et des visites dans les États parties.
Judith Suminwa a également rappelé que le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a adopté le 8 février 2025 la résolution A/HRC/RES/S-37/1, qui exige la cessation immédiate des hostilités du M23, le retrait de ses combattants et la mise en place de mécanismes indépendants d’enquête.
Dans ce contexte, la mise en place de la commission d’enquête internationale entre désormais dans sa phase opérationnelle. Les experts arriveront à Kinshasa le 7 juin 2026 pour une semaine de consultations avant de se déployer à Goma, épicentre de la crise sécuritaire.
Cette enquête vise à collecter et analyser des éléments de preuve sur les atrocités subies par les populations civiles afin de contribuer à l’établissement des responsabilités.
Pour garantir le bon déroulement de la mission, la Première ministre a instruit le ministre des Droits humains, en collaboration avec le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de prendre toutes les dispositions sécuritaires et logistiques nécessaires. Elle a également demandé aux autorités concernées de faciliter l’accès des enquêteurs aux zones et aux institutions concernées.
La Première ministre a enfin chargé le ministre du Budget et la ministre des Finances de mobiliser les ressources nécessaires pour accompagner les équipes congolaises qui travailleront avec la commission internationale.