Par Gloire Balolage
Le Forum des droits humains (FDH) a exprimé sa position sur les débats en cours autour d’un éventuel changement de la Constitution de la République démocratique du Congo. Dans un communiqué de presse publié ce jeudi 25 juin, l’organisation indique suivre avec une attention particulière les discussions qui se développent sur cette question, estimant que le contexte actuel du pays impose d’autres priorités plus urgentes.
Engagé dans la promotion des droits humains, de l’État de droit et de la démocratie, le FDH considère qu’une initiative visant à modifier la Constitution ne répond pas aux besoins immédiats de la nation. L’organisation estime que la situation que traverse actuellement le pays nécessite davantage de concentration sur les défis sécuritaires et humanitaires qui affectent plusieurs provinces de la République.
Le Forum des droits humains rappelle notamment que l’est de la RDC demeure confronté à une crise sécuritaire persistante. Plusieurs territoires restent touchés par les conflits armés, tandis que certaines parties du pays continuent d’être soumises à l’état de siège. À cela s’ajoute la présence et l’influence de groupes armés.
Selon le FDH, cette insécurité continue de provoquer de graves violations des droits humains ainsi que des déplacements massifs de populations. L’organisation souligne également les souffrances auxquelles sont confrontés des millions de Congolais vivant dans les zones affectées par les violences et l’instabilité.
Dans son communiqué, le Forum des droits humains invoque également les dispositions de l’article 219 de la Constitution. Cet article prévoit qu’aucune révision constitutionnelle ne peut être engagée ou poursuivie pendant l’état de guerre ou l’état de siège. Pour l’organisation, cette disposition constitutionnelle doit être prise en compte dans les réflexions actuelles sur l’avenir institutionnel du pays.
Le FDH estime par ailleurs qu’une initiative de révision ou de changement de la Constitution dans les circonstances actuelles pourrait contribuer à accentuer les tensions politiques et sociales. Une telle démarche risquerait, selon lui, de détourner l’attention des efforts nécessaires pour restaurer la paix, renforcer la cohésion nationale et répondre aux préoccupations des populations affectées par la guerre.
Réaffirmant son opposition à tout projet de révision constitutionnelle dans le contexte actuel, le Forum des droits humains appelle l’ensemble des acteurs politiques, sociaux, religieux et de la société civile à privilégier le dialogue et la recherche du consensus.
L’organisation invite également les autorités à concentrer leurs efforts sur le rétablissement de la sécurité, la protection des populations civiles, la lutte contre l’impunité et le renforcement de l’unité nationale, estimant que la paix, le respect de la Constitution et des institutions fortes demeurent les fondements essentiels de l’intérêt général.