Breaking News

RDC : les personnes vivant avec handicap remettent à André Mbata leur plaidoyer en faveur d’une Constitution plus inclusive

Catégorie
Image
Poignée de main entre Irène Esambo, ministre déléguée en charge des PVH-APV, et le Secrétaire permanent de l'Union Sacrée de la Nation, André Mbata
Poignée de main entre Irène Esambo, ministre déléguée en charge des PVH-APV, et le Secrétaire permanent de l'Union Sacrée de la Nation, André Mbata

Par Serge Mavungu

Une délégation des leaders des personnes vivant avec handicap (PVH) de la République démocratique du Congo, conduite par la ministre déléguée en charge des Personnes vivant avec handicap et autres personnes vulnérables, Me Irène Esambo Diata, a été reçue ce jeudi par le secrétaire permanent de l’Union sacrée de la Nation, le professeur André Mbata, au siège national de cette plateforme présidentielle.

Au cours de cette rencontre, les représentants des PVH ont remis officiellement un mémorandum contenant leur argumentaire en faveur d’un changement de la Constitution actuelle, qu’ils jugent insuffisamment adaptée aux exigences de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, ratifiée par la RDC en 2015.

Dans ce document, ils saluent les avancées enregistrées sous l’impulsion du Président de la République, notamment la création d’un ministère dédié aux personnes vivant avec handicap ainsi que plusieurs réformes visant à renforcer leur inclusion dans la société congolaise. Toutefois, ils estiment que ces progrès risquent de demeurer limités tant que la loi fondamentale ne reflétera pas pleinement les standards internationaux en matière de droits et d’égalité des chances.

Parmi les revendications majeures figure la reconnaissance de la langue des signes comme langue nationale. Les auteurs du mémorandum considèrent qu’une telle mesure constituerait une avancée historique en faveur de l’inclusion sociale des personnes sourdes, en facilitant leur accès à l’éducation, à la justice, aux services publics et à l’information. Ils soulignent d’ailleurs que la RDC dispose déjà d’outils de référence, notamment un dictionnaire de la langue des signes, preuve des efforts déjà accomplis pour promouvoir ce mode de communication et de la nécessité de lui accorder une reconnaissance institutionnelle plus forte.

Les leaders des PVH plaident également pour une meilleure prise en compte du Braille dans l’architecture constitutionnelle du pays afin de garantir aux personnes malvoyantes et non-voyantes un accès équitable au savoir, à la formation et à la participation citoyenne.

Selon eux, plusieurs dispositions de la Constitution du 18 février 2006, révisée en 2011, demeurent en décalage avec les principes consacrés par la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, laquelle impose aux États parties d’adapter leurs cadres juridiques afin de garantir l’accessibilité, la non-discrimination et la participation effective des personnes handicapées à la vie nationale.

Les signataires du mémorandum regrettent également que l’article 49 de la Constitution regroupe les personnes avec handicap avec les personnes du troisième âge et les retraités. Une disposition qu’ils considèrent comme réductrice et incompatible avec la reconnaissance pleine et entière de leur citoyenneté ainsi que de leur contribution au développement du pays.

Ils dénoncent par ailleurs l’absence de quotas de représentativité dans les institutions publiques et privées, estimant qu’une telle mesure permettrait de favoriser une participation plus équilibrée des personnes vivant avec handicap dans les sphères décisionnelles.

La question de l’éducation figure également parmi leurs préoccupations. Les leaders des PVH estiment que la gratuité de l’enseignement, limitée à l’enseignement de base, ne répond pas suffisamment aux besoins spécifiques des enfants en situation de handicap, dont certains nécessitent des dispositifs pédagogiques adaptés et un accompagnement spécialisé.

Pour les représentants des personnes vivant avec handicap, l’adoption d’une Constitution davantage inclusive permettrait non seulement de renforcer la protection de leurs droits, mais aussi de consacrer des mécanismes favorisant leur pleine participation à la vie politique, sociale, économique et culturelle du pays, conformément aux engagements internationaux de la RDC.

Jeudi 25 juin 2026 - 21:48