Par Don Benjamin Makolo
Invité de l’émission « Parlement des étudiants », diffusée sur GMTV, le coordonnateur du mouvement citoyen FILIMBI, Carbone Beni, a répondu à une question récurrente sur la différence de visibilité des mouvements citoyens sous le président Félix Tshisekedi par rapport à l’époque de Joseph Kabila.
Interrogé sur le fait que FILIMBI, la LUCHA et d’autres mouvements semblent moins virulents aujourd’hui qu’avant l’alternance politique de 2019, Carbone Beni a rejeté cette perception, estimant que les deux périodes répondent à des contextes politiques totalement différents.
Selon lui, la création de FILIMBI en 2015 répondait à une urgence précise : obtenir l’organisation des élections présidentielles à l’issue du second mandat constitutionnel de Joseph Kabila. Il a rappelé qu’à cette époque, le régime était accusé de vouloir retarder les élections afin de prolonger son maintien au pouvoir.
« La chose qui nous a poussés, moi et mes camarades, en 2015, à créer le mouvement citoyen FILIMBI, c’était effectivement parce qu’il nous restait une année pour organiser les élections qui allaient mettre fin au deuxième mandat du président Kabila. Et qu’il y avait des intentions manifestes de ce régime-là de ne pas organiser les élections », a déclaré Carbone Beni.
Le coordonnateur de FILIMBI a soutenu que le glissement du calendrier électoral de deux ans avait confirmé, selon lui, cette volonté de prolonger le régime en place. Il estime que le combat de l’époque consistait avant tout à défendre les droits civils et politiques des Congolais ainsi qu’à faire respecter la Constitution.
En revanche, a-t-il expliqué, l’arrivée de Félix Tshisekedi au pouvoir a modifié la nature de l’engagement des mouvements citoyens. Désormais, leur action porte principalement sur le contrôle citoyen de l’action publique, la promotion de la bonne gouvernance et la redevabilité des institutions.
« Avec Tshisekedi, le combat que nous menons, c’est un combat de contrôle citoyen de l’action publique. Nous menons ce combat depuis huit ans à travers plusieurs initiatives. Mais parce que ce n’est pas un combat de terrain où vous dites aux gens : "Marchez pour ça", les gens ne voient pas », a-t-il expliqué.
Carbone Beni a cité plusieurs initiatives menées avec la plateforme Le Congo n’est pas à vendre (CNPAV) sur les ressources naturelles, les finances publiques et les dossiers de détournement présumés. Selon lui, ce travail repose davantage sur des enquêtes, des investigations, la publication de rapports et la sensibilisation des citoyens que sur des manifestations de rue.
Pour le responsable de FILIMBI, cette différence de méthode explique pourquoi les mouvements citoyens paraissent aujourd’hui moins visibles dans l’espace public. Il affirme toutefois que leur engagement demeure intact.
« Nous gardons la même rigueur et la même vigueur, surtout dans notre engagement », a conclu Carbone Beni.