Par Gloire Balolage
La suspension des activités académiques dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu continue de susciter des réactions au sein de la classe politique congolaise. L’opposant André Claudel Lubaya critique ouvertement cette décision du gouvernement, qu’il considère comme une mesure préjudiciable pour la jeunesse de ces deux provinces déjà durement touchées par la crise.
Dans une publication sur son compte X ce jeudi, André Claudel Lubaya qualifie la décision gouvernementale de « réponse inappropriée, démesurée et disproportionnée ». Selon lui, la mesure pénalise lourdement les jeunes du Nord-Kivu et du Sud-Kivu et contribue à fragiliser davantage le système éducatif national, alors que les étudiants de ces deux provinces sont directement concernés par l’interruption des activités académiques.
L’opposant place également sa critique sur le terrain des droits constitutionnels. Il estime que la suspension porte atteinte aux droits garantis par les articles 42, 43 et 45 de la Constitution. Dans son analyse, ces dispositions doivent être mises en perspective avec les principes consacrés par la loi-cadre n°14/004 du 11 février 2014 de l’enseignement national, qui encadre notamment l’accès à l’éducation et à la formation sur l’ensemble du territoire national.
Pour André Claudel Lubaya, la mesure prise par le gouvernement pose ainsi une question d’égalité entre les citoyens. Il considère que les étudiants du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ne devraient pas être davantage pénalisés en raison de la situation particulière qui prévaut dans ces deux provinces. Son argument repose notamment sur la nécessité de préserver l’accès à l’éducation et la continuité du système éducatif national.
La réaction de l’opposant intervient alors que la décision gouvernementale concerne les établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire situés dans les zones concernées. La suspension touche directement les activités académiques et intervient dans un contexte où Goma et Bukavu échappent au contrôle effectif des autorités de Kinshasa. Pour Lubaya, cette situation ne devrait toutefois pas justifier une mesure qui, selon lui, affecte aussi lourdement la jeunesse.
L’ancien député estime par ailleurs que le gouvernement dispose d’une responsabilité particulière à l’égard de l’ensemble des citoyens congolais, y compris ceux vivant dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Il invoque ainsi « le bon sens » et « l’exigence d’égalité entre tous les Congolais » pour demander une révision de la décision prise par les autorités.
André Claudel Lubaya appelle donc le gouvernement à revenir « sans délai » sur cette mesure qu’il juge particulièrement préjudiciable. Pour lui, la suspension des activités académiques ne constitue pas une réponse adaptée à la situation et risque, au contraire, d’aggraver les difficultés auxquelles sont confrontés les étudiants et le système éducatif dans ces deux provinces.
Enfin, l’opposant va jusqu’à estimer que cette décision consacre, « dans les faits », la balkanisation du pays jusque dans le secteur de l’éducation. Cette prise de position ajoute ainsi une nouvelle réaction politique à la controverse suscitée par la suspension des activités académiques dans les établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et Bukavu.