Par Gloire Balolage
Le Syndicat des Enseignants du Congo (SYECO) annonce la non-reprise des cours pour la rentrée scolaire 2026-2027, prévue, le mardi 1er septembre, sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo. Dans une déclaration adoptée le 26 août 2026 à l’issue de son Assemblée générale, le syndicat affirme avoir pris cette décision en raison de plusieurs préoccupations liées aux conditions professionnelles, sociales et économiques des enseignants et du personnel de l’éducation.
Réunis au siège national du SYECO, à Matonge, dans la commune de Kalamu à Kinshasa, les enseignants membres de cette structure ont réaffirmé leur attachement à une école publique de qualité, accessible à tous et fondée sur la valorisation du personnel enseignant. Cette position intervient alors que, lors de la 96e réunion du Conseil des ministres du 14 août 2026, le président Félix Antoine Tshisekedi avait instruit le chef du Gouvernement de veiller à une rentrée scolaire effective, apaisée et inclusive sur l’ensemble du territoire national.
Pour le SYECO, plusieurs dossiers nécessitent toutefois des réponses concrètes et urgentes de la part du Gouvernement. Le syndicat réclame notamment la mise en place effective d’un mécanisme transparent et équitable de prise en charge de la retraite des enseignants et du personnel de l’éducation à travers la Caisse nationale de sécurité sociale des agents publics de l’État (CNSSAP). Il estime qu’un enseignant ayant consacré plusieurs années au service de la Nation doit pouvoir bénéficier d’une retraite digne.
Sur le volet sanitaire, le syndicat réaffirme également son attachement à une couverture médicale efficace et accessible aux enseignants ainsi qu’à leurs familles. Le SYECO rejette cependant toute proposition d’adhésion au Fonds solidaire de santé lorsqu’elle serait envisagée au détriment ou en remplacement du système de la Mutuelle de santé des enseignants (MESP), sans concertation préalable. Le syndicat réclame aussi la mécanisation et le paiement des enseignants non payés (NP) et des nouvelles unités (NU), dénonçant la situation de ceux qui exercent pendant plusieurs années sans rémunération régulière.
La question salariale figure également parmi les principales revendications formulées dans cette déclaration. Les enseignants membres du SYECO demandent au Gouvernement de revaloriser le salaire mensuel de l’enseignant à hauteur de 500 dollars américains, ou son équivalent en francs congolais.
Selon le syndicat, cette rémunération doit permettre aux enseignants de disposer d’un salaire décent et correspondant au coût réel de la vie sur l’ensemble du territoire national. Le SYECO demande, par ailleurs, une révision du système de paiement afin de garantir le libre accès aux services bancaires, la réduction des frais prélevés sur les salaires et davantage de transparence dans les opérations de paie, allant jusqu’à réclamer la création d’une banque unique pour les enseignants.
Les inspecteurs de l’éducation sont également concernés par les revendications du syndicat. Le SYECO exige une amélioration substantielle de leurs conditions de travail et de rémunération, les considérant comme des acteurs essentiels dans l’encadrement, le contrôle et l’amélioration de la qualité de l’enseignement.
Dans sa déclaration, le syndicat déplore en outre le refus, selon lui, de la ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté de lui accorder l’audience sollicitée dans une correspondance datée du 20 août 2026 et réceptionnée au cabinet sous le numéro 6213. Le SYECO estime que cette rencontre aurait permis de transmettre aux enseignants un message faisant suite à l’instruction du chef de l’État sur la rentrée scolaire.