Guillaume Banga Wakimesa, Inspecteur Général de la Formation Professionnelle [photo d'illustration]
Par Gloire Balolage
Le gouvernement congolais entend renforcer la présence de la main-d'œuvre nationale dans le secteur minier, particulièrement dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga. Cette orientation vise à réduire la dépendance des entreprises minières à l'égard de la main-d'œuvre étrangère, notamment pour les postes nécessitant des compétences techniques spécifiques.
Selon un communiqué de presse de l'Inspection générale de la Formation professionnelle, cette stratégie a été présentée à Pretoria, en Afrique du Sud, par Guillaume Banga Wakimesa, inspecteur général de la Formation professionnelle, à l'ambassadeur de la RDC en Afrique du Sud, John Nyakeru. La feuille de route présentée fixe notamment l'objectif de mettre fin à la dépendance vis-à-vis de la main-d'œuvre étrangère dans les provinces minières concernées d'ici trois ans.
Cette orientation part notamment du constat que la majorité des conducteurs d'engins lourds et des techniciens qualifiés travaillant dans le secteur minier sont actuellement recrutés dans des pays voisins, notamment en Zambie et en Afrique du Sud. Pour inverser cette tendance, le gouvernement entend imposer aux entreprises minières l'obligation légale de contribuer directement à la construction de centres de formation destinés à développer les compétences locales. Cette politique se traduit déjà, selon le document, par la construction de neuf centres dans le Haut-Katanga et de huit autres dans le Lualaba.
Pour l'Inspection générale de la Formation professionnelle, la qualification de la main-d'œuvre constitue un enjeu important dans un secteur qui exige des compétences techniques élevées. Guillaume Banga Wakimesa souligne ainsi la nécessité de disposer de profils suffisamment qualifiés pour travailler dans les entreprises minières et préserver les investissements réalisés dans ce domaine. Il estime que ces investissements ne devraient pas être confiés à des gestionnaires qui ne disposent pas des qualifications nécessaires.
La démarche concerne également le secteur du gardiennage dans les zones minières. Face à un système présenté comme défaillant, l'Inspection générale de la Formation professionnelle entend s'appuyer sur l'expertise sud-africaine afin de contribuer à sa professionnalisation. Des rencontres organisées à Dundee et à Johannesburg ont ainsi permis de poser les bases d'un projet d'académie consacrée au gardiennage minier, dans l'objectif de renforcer les compétences dans ce domaine.
À plus long terme, cette stratégie s'inscrit dans une vision qui s'étend jusqu'en 2029. Portée par le ministre d'État Marc Ekila et le chef de l'État Félix-Antoine Tshisekedi, elle prévoit de doter chaque territoire de la République démocratique du Congo d'au moins un centre de formation professionnelle à l'horizon 2029. L'objectif affiché est ainsi d'élargir progressivement l'accès à la formation et de constituer un vivier de compétences nationales adaptées aux besoins du marché de l'emploi.
À Pretoria, l'ambassadeur de la RDC en Afrique du Sud, John Nyakeru, a salué cette dynamique et a immédiatement désigné une collaboratrice chargée d'assurer le suivi quotidien du dossier. À travers cette démarche, le ministère de la Formation professionnelle affiche sa volonté de renforcer la formation des Congolais et de favoriser leur accès aux emplois disponibles dans les secteurs nécessitant une main-d'œuvre qualifiée, particulièrement dans les provinces minières du pays.