Par la Rédaction
Goma, une nuit de plus, trois vies de moins. Alors que la ville tente de garder son souffle dans un climat d’insécurité grandissante, depuis son occupation par l’Armée rwandaise et ses supplétifs de la coalition M23-AFC, des hommes armés ont semé la mort dans plusieurs quartiers, entre la nuit de jeudi et l’aube de ce vendredi 11 avril 2025.
Sur l’avenue Maendeleo, au quartier Mugunga, dans la commune de Karisimbi, deux jeunes garçons ont été attaqués dans l’obscurité. L’un n’a pas survécu aux balles ; l’autre, grièvement blessé, a été évacué en urgence vers l’hôpital CEBCA Ndosho. Selon des témoins, les deux victimes étaient des visages familiers du quartier, deux jeunes dont le quotidien a été interrompu sans explication, sans justice.
Non loin de là, au marché Nyabushongo, la violence a encore frappé. Gilson Makembe, un jeune homme connu pour son calme, a été abattu alors qu’il travaillait dans la boutique de son frère aîné, "Kwa Bondé". Un commerçant du coin, encore sous le choc, murmure : "Il était là, juste là… il n’a rien vu venir."
Dans le quartier Kyeshero, une autre perte secoue la communauté. Isaac Bataana Kalebu, ex-agent de l’organisation MSF -Médecins Sans Frontières-, a été tué par balles. Un voisin, la voix nouée d’émotion, évoque sa mémoire : "Humanitaire généreux, il a toujours mis la vie des autres avant la sienne. Il est parti sans dire adieu, victime d’un crime absurde."
Ces assassinats s’ajoutent à une série d’actes de violence qui rongent la ville touristique, belle devenue rebelle, cruelle [s’il faut le dire avec insistance]. Entre heurts armés récents, tensions politiques et chaos ambiant, la peur s’installe durablement, et les nuits deviennent synonymes de deuil.
Dans une ville marquée par les affrontements entre les resistants patriotes dits Wazalendo contre l’Armée rwandaise et ses supplétifs du M23-AFC, la sécurité des civils semble désormais une promesse brisée.