Urgence sanitaire en RDC : le Haut-Katanga en première ligne face au Mpox tandis que le choléra et la rougeole inquiètent

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Présentation du point de situation sur évolution épidémiologique en RDC dans sa semaine 5-2026
Présentation du point de situation sur évolution épidémiologique en RDC dans sa semaine 5-2026

Par Patrick Kitoko 

La République Démocratique du Congo fait face à une détérioration préoccupante de sa situation sanitaire. Au terme de la semaine épidémiologique 05, le Ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale tire la sonnette d’alarme sur la progression rapide du Mpox dans la province du Haut-Katanga, ainsi que sur la persistance du choléra et la recrudescence inquiétante de la rougeole dans plusieurs régions du pays.

La province du Haut-Katanga traverse une phase critique marquée par une accélération fulgurante de l’épidémie de Mpox. Selon les données de l’Institut national de recherche biomédicale, le taux de positivité a atteint 58 % en ce début d’année, dépassant largement la moyenne nationale estimée à 39 %.

L’expansion géographique du virus inquiète particulièrement les autorités sanitaires. Des foyers actifs ont été identifiés dans des zones urbaines densément peuplées comme Lubumbashi, mais aussi dans des localités frontalières stratégiques telles que Sakania, faisant craindre une propagation transfrontalière.

Autre signal alarmant, la détection de nouveaux cas suspects dès le lancement de la campagne de vaccination, ce qui suggère l’existence de chaînes de transmission communautaire encore non identifiées. À l’échelle nationale, la vaccination contre le Mpox se poursuit dans huit provinces et a déjà permis de protéger plus de 1,5 million de personnes. Toutefois, les autorités estiment qu’une réponse massive et coordonnée est indispensable dans les quinze prochains jours pour contenir la flambée dans le Haut-Katanga.

Parallèlement, le choléra continue de sévir. Bien qu’une légère baisse de 6,2 % des cas ait été observée à la semaine épidémiologique 05, avec 1 369 cas recensés contre 1 472 la semaine précédente, l’incidence demeure élevée, dépassant les 500 cas par semaine.

Les provinces du Sud-Kivu, du Haut-Lomami et du Nord-Kivu concentrent la majorité des cas. À Kinshasa, malgré une diminution globale, les autorités notent une tendance à la généralisation de l’épidémie dans plusieurs communes.

La gravité clinique des cas reste un sujet de vive inquiétude. De nombreux patients arrivent dans les structures de santé en état de déshydratation sévère, et le taux de létalité atteint 4,37 % dans les provinces non endémiques. En réponse, une vaccination ciblée a été lancée notamment à l’IPKIN, tandis que des équipes conjointes du SGI -Service de gestion des incidents- et de l’OMS -Organisation mondiale de la santé- sont déployées dans les zones à forte transmission de la capitale.

La situation est tout aussi alarmante sur le front de la rougeole. Depuis le début de l’année 2026, le pays a enregistré 12 960 cas et 157 décès. Pour la seule semaine épidémiologique 05, 3 165 nouveaux cas ont été signalés. 

Six provinces, dont le Sud-Ubangi ainsi que le Nord et le Sud-Kivu, figurent parmi les plus touchées. Face à cette flambée, le gouvernement prévoit une vaste campagne de vaccination de rattrapage en mars 2026. Celle-ci ciblera plus de 22 millions d’enfants âgés de 6 mois à 14 ans dans 11 provinces, incluant Kinshasa et l’Équateur.

Face à cette triple menace sanitaire, les autorités congolaises, en collaboration avec leurs partenaires techniques et financiers, appellent la population à la vigilance, au respect strict des mesures d’hygiène et à l’adhésion aux campagnes de vaccination. L’accès à l’eau potable demeure toutefois un défi majeur, notamment dans la lutte contre le choléra, de nombreux ménages dépendant encore des rivières comme principale source d’approvisionnement.

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Lundi 9 février 2026 - 17:00