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RDC : MSF intensifie ses interventions pour freiner la propagation des épidémies comme la rougeole dans les zones fragiles de l’Est

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Un personnel soignant et un patient [photo d'illustration]
Un personnel soignant et un patient [photo d'illustration]

Par Gloire Balolage 

Dans les provinces du Sud-Kivu et du Maniema, situées dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), l’équipe de Réponse d’Urgence et Surveillance au Congo (RUSC) de Médecins Sans Frontières (MSF) a renforcé considérablement ses interventions en 2025.

Avec six opérations d’urgence menées cette année, ce nombre dépasse celui des deux années précédentes, témoignant de la détérioration continue de la crise humanitaire dans cette région, aggravée par le gel et la réduction des financements humanitaires.

Le RUSC est une équipe spécialisée d’environ vingt personnes, capable de se déployer en moins de 72 heures dès qu’une urgence sanitaire se déclare au sein d’une population. Pour déterminer l’urgence, MSF analyse notamment les indicateurs de santé tels que le taux de létalité, le nombre de cas et la vitesse de propagation lors d’épidémies, comme celle de la rougeole.

Cette rapidité est essentielle dans des zones difficiles d’accès, notamment au Sud-Kivu où les routes sont souvent impraticables. L’équipe s’appuie sur une flotte d’une dizaine de motos pour atteindre les localités isolées.

Les interventions du RUSC sont ponctuelles, pouvant durer de quelques semaines à plusieurs mois, contrairement aux programmes réguliers de MSF qui s’étendent sur plusieurs années. L’objectif principal est d’appuyer les structures sanitaires du ministère de la Santé locale, souvent débordées face à des crises aiguës. Cette assistance vise à renforcer les capacités des centres de soins et hôpitaux confrontés à des situations exceptionnelles.

Au cours de l’année écoulée, le RUSC a conduit trois opérations d’urgence pour contenir des épidémies de rougeole dans le Maniema (notamment à Kasongo et Kabambaré) et au Sud-Kivu (Minova). Au total, 75 000 enfants de moins de cinq ans ont été vaccinés et 4 500 malades pris en charge. Par ailleurs, l’équipe a réagi à une épidémie de choléra à Lomera, vaccinant 11 000 personnes et soignant 760 cas.

En plus des épidémies, le RUSC est intervenu à deux reprises pour venir en aide aux populations déplacées dans plusieurs zones du Sud-Kivu : Katana, Kalehe et Bunyakiri. Les équipes ont appuyé les structures de santé locales en assurant consultations, accouchements, interventions chirurgicales, traitement des enfants malnutris, et prise en charge des survivantes de violences sexuelles. Au total, MSF a réalisé 35 000 consultations et hospitalisé 10 800 personnes.

Malgré sa mobilité et ses moyens logistiques, l’équipe a dû faire face à des difficultés importantes d’accès aux populations en raison du contexte sécuritaire. L'insécurité a contraint le RUSC à adapter ses stratégies. En affichant sa neutralité et son impartialité, l’équipe a mené des missions des deux côtés du conflit, y compris dans des zones sous contrôle du M23.

À Kabambaré, dans le Maniema, le RUSC a administré aux enfants plusieurs vaccins essentiels, couvrant notamment la rougeole, la pneumonie grave, la méningite, la diphtérie, le tétanos et pour la première fois au Sud-Kivu, le vaccin contre le Roravirus, responsable de gastro-entérites sévères.

« Nous devions assurer la chaîne logistique du froid entre Kindu et Kabambaré, tout a bien fonctionné, renforçant la vaccination de routine et la couverture vaccinale dans cette zone enclavée », se félicite Faustin Bibentyo. Cette réussite est d’autant plus remarquable que le Maniema reste l’une des provinces les plus isolées du pays.

L’aggravation du conflit dans l’est de la RDC et la fermeture en février de l’aéroport de Bukavu ont rendu plus difficile et coûteux l’acheminement des médicaments, vaccins et personnels vers ces zones. Par ailleurs, au Sud-Kivu, le ministère de la Santé ne peut plus assurer un appui complet au système sanitaire, rendant les interventions d’urgence de MSF indispensables. En 2026, l’équipe RUSC reste ainsi en alerte pour répondre rapidement aux nouvelles urgences humanitaires.

Lundi 9 février 2026 - 17:17