Breaking News

Ituri : la MONUSCO investit 447 000 USD pour la réinsertion des ex-combattants et la stabilisation d’Irumu

Catégorie
Image
Photo d'illustration
Photo d'illustration

Par Gloire Balolage 

Dans le territoire d’Irumu, situé au sud de la province de l’Ituri, la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) poursuit ses efforts en faveur de la paix et de la cohésion sociale à travers des initiatives de réinsertion socio-économique

Par l’intermédiaire de sa Section désarmement, démobilisation, réintégration et stabilisation (DDRS), en appui au Programme national de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (PDDRCS), l’organisation accompagne les ex-combattants et les communautés locales dans plusieurs projets destinés à renforcer la stabilité dans une région longtemps affectée par les violences armées.

À Balingina, Sota et Tsere, trois localités du territoire d’Irumu, plusieurs projets financés à hauteur de 447 000 dollars américains sont actuellement mis en œuvre par les organisations non gouvernementales ASSOCITURI, FEPA et PMI. Ces initiatives visent à offrir des perspectives concrètes aux ex-combattants démobilisés, aux jeunes ainsi qu’aux femmes vulnérables, tout en favorisant le développement local et la reconstruction du tissu social. Pour la MONUSCO, la réinsertion constitue un outil essentiel pour consolider la paix et prévenir le retour à la violence.

Le chef du Bureau de la MONUSCO à Bunia, Josiah Obat, a souligné que la vision de l’organisation est de faire de la réinsertion un véritable levier de stabilisation communautaire et de développement local. Selon lui, ces projets traduisent une volonté de reconstruire la cohésion sociale tout en créant des opportunités durables pour les ex-combattants et les populations vulnérables. L’objectif est de permettre aux bénéficiaires de retrouver une place active dans la société à travers des activités génératrices de revenus et des projets communautaires.

Dans la localité de Balingina, située dans la chefferie des Walese Vonkutu, 180 bénéficiaires, dont 60 ex-combattants démobilisés, prennent part à des travaux de réhabilitation des routes, à des activités agricoles ainsi qu’à des formations techniques. 

La construction d’une coopérative agricole et la distribution d’outils aratoires figurent parmi les actions entreprises pour renforcer leur autonomie économique. Pour les habitants, ces projets représentent un changement concret dans leur quotidien. Une bénéficiaire témoigne qu’autrefois, les attaques les obligeaient à passer la nuit dans la forêt avec leurs enfants, alors qu’aujourd’hui, ils espèrent voir ces jeunes construire leur avenir aux côtés de la communauté.

À Sota, dans la chefferie des Bahema d’Irumu, plusieurs infrastructures essentielles ont été remises à la population. Il s’agit notamment d’un marché moderne, d’un forage d’eau potable, d’une laiterie ainsi que d’un système d’éclairage public alimenté à l’énergie solaire. 

Ces réalisations profitent directement à plus de 20 000 habitants. Charlotte Ganiseka, présidente des associations féminines locales, estime que ce nouveau marché permettra aux femmes d’exercer leurs activités dans de meilleures conditions et d’améliorer les revenus de leurs familles. Les autorités locales voient également dans ces infrastructures un moyen de renforcer la cohésion sociale et le développement du territoire.

À Tsere, les actions de réinsertion se poursuivent avec la remise d’une coopérative agropastorale dotée de bétail, d’un forage d’eau ainsi que le lancement de nouveaux projets destinés à 63 bénéficiaires, dont 21 ex-combattants. Ces initiatives prolongent les acquis d’un premier programme qui avait déjà permis la réhabilitation de routes et la création d’emplois temporaires. 

Pour les anciens combattants, ces projets ont un impact significatif sur leur vie. L’un d’eux affirme qu’ils leur ont permis de subvenir aux besoins de leurs familles et de retrouver leur place au sein de la communauté, tout en tournant définitivement la page de la guerre.

Le PDDRCS insiste sur l’importance de cette approche inclusive qui associe les démobilisés et les communautés locales dans des projets communs. Selon Claude Kasuna, chef d’antenne du programme à Irumu, cette démarche favorise la réintégration des ex-combattants tout en renforçant la cohésion sociale.

Étiquettes
Vendredi 19 juin 2026 - 14:03