Par Don Benjamin Makolo
Près de 5 000 jeunes autrefois identifiés comme "Kuluna", désormais formés et intégrés au Service national, sont attendus à Kinshasa ce week-end pour participer aux travaux d’assainissement de la capitale. L’annonce a été faite jeudi 18 juin 2026 sur les antennes de Top Congo FM par le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, récemment nommé à la tête de la Task force chargée de l’assainissement de la ville de Kinshasa.
Ces jeunes, qualifiés de « bâtisseurs de la nation », viennent d’achever deux années de formation au centre de Kaniama Kasese. Selon le commandant du Service national, leur arrivée marque une nouvelle étape dans la stratégie gouvernementale visant à restaurer l’ordre, la salubrité et le civisme dans la capitale congolaise.
« Nous avons reçu des missions très précises. Nous allons nous occuper de l’assainissement de la ville de Kinshasa, en même temps que de mettre fin à l’incivisme environnemental qui bat son plein », a déclaré Jean-Pierre Kasongo Kabwik.
Le responsable de la Task force a dressé un constat sévère des comportements qui contribuent à la dégradation de l’environnement urbain : dépôts sauvages d’ordures, occupation anarchique des emprises publiques, mauvaise gestion des fosses septiques et autres actes d’incivisme qui affectent le cadre de vie des Kinois.
Pour lui, la mission confiée par la hiérarchie est claire : obtenir des résultats visibles et durables. « Nous avons une mission à accomplir, des objectifs à atteindre et un résultat qui est attendu de la part de la haute hiérarchie », a-t-il insisté, assurant que les éléments du Service national constitueront le principal levier de cette opération.
Au-delà de leur déploiement, ces jeunes bénéficient désormais d’un statut officiel. Le lieutenant-général Kasongo a révélé qu’ils perçoivent désormais leur salaire en tant que fonctionnaires de l’État intégrés au Service national.
« Déjà dès aujourd’hui, ils commencent à obtenir leur salaire. Aujourd’hui, ils ont déjà leur salaire », a-t-il affirmé, précisant que des primes et avantages supplémentaires sont également prévus en fonction des performances réalisées sur le terrain.
Cette annonce constitue également, selon lui, une réponse aux critiques souvent formulées à l’égard de Kaniama Kasese. Le commandant du Service national a tenu à rappeler que ce centre n’a jamais eu vocation à être une prison ou un lieu de répression.
« Le Service national n’était pas une prison, Kaniama Kasese n’était pas une prison. Nous amenons les jeunes ici pour qu’ils bénéficient d’une formation afin qu’ils soient réintégrés dans la société », a-t-il souligné.
L’intégration de ces milliers de jeunes au sein du Service national apparaît ainsi comme l’aboutissement d’un processus présenté par les autorités comme un modèle de réinsertion sociale. Des jeunes autrefois associés à la délinquance urbaine se voient désormais confier une mission d’intérêt public au service de la capitale.
Le défi reste toutefois immense. Kinshasa, mégapole de plus de quinze millions d’habitants, est confrontée depuis plusieurs années à de sérieux problèmes de gestion des déchets et d’assainissement. L’arrivée de ces 5 000 bâtisseurs de la nation sera donc observée avec attention par la population, qui attend des améliorations concrètes en matière de propreté et d’organisation de la ville.