Par la Rédaction
Les opérations militaires menées dans les hauts plateaux de Minembwe, en territoire de Fizi, dans la province du Sud-Kivu, ont connu une évolution significative ces dernières heures. Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) affirment avoir renforcé leur présence dans plusieurs localités stratégiques à la suite d’intenses affrontements contre des groupes armés actifs dans cette partie du pays.
Selon une mise à jour communiquée par les opérations Sukola 2 Sud-Sud-Kivu, les forces gouvernementales ont repris, dans la soirée du mardi 16 juin, le contrôle du village de Kitavi, de l’agglomération d’Irundu ainsi que des positions situées à l’école UGEAFI de Madegu, aux abords de Minembwe-centre. Cette progression est présentée comme le résultat d’une riposte militaire face aux attaques attribuées aux combattants du M23, de Twirwaneho, de Red Tabara ainsi qu’à ce que l’armée congolaise qualifie de soutien apporté par l’armée rwandaise.
Les autorités militaires estiment que la reconquête de ces positions représente une étape importante dans l’objectif de rétablir la sécurité dans la région. Grâce à ces avancées, les FARDC indiquent se rapprocher davantage de Minembwe-centre, une zone où plusieurs habitants réclament depuis plusieurs semaines une intervention accrue des forces régulières.
La situation demeure toutefois préoccupante sur le plan humanitaire. Les responsables militaires congolais rapportent que des drones venus du Rwanda auraient été utilisés dès les premières heures de la matinée du mercredi 17 juin pour mener des bombardements visant notamment l’Hôpital général de Minembwe ainsi que plusieurs habitations civiles. Ces allégations interviennent alors que les combats se poursuivent dans cette partie du Sud-Kivu.
Sur le terrain, l’armée congolaise poursuit ses opérations. Les FARDC ont annoncé avoir engagé, ce mercredi, une contre-offensive destinée à reprendre le contrôle de l’aérodrome de Minembwe-centre, considéré comme un point stratégique du dispositif sécuritaire de la zone.
Des témoignages recueillis à l’entrée de la cité de Madegu font état d’un climat de peur au sein de la population. Selon ces sources citées par l’armée, de nombreux habitants continuent d’appeler à une intervention rapide des forces loyalistes, affirmant vivre dans l’insécurité à la suite des violences enregistrées dans la nuit du 16 au 17 juin. Les victimes seraient principalement issues de la communauté banyamulenge, accusée par les groupes armés de collaborer avec les FARDC.
Face à cette situation, le commandant des opérations Sukola 2 Sud-Sud-Kivu, le colonel Apoko Bangala Michel, assure que les préoccupations de la population ont été prises en compte. Il affirme que les opérations militaires se poursuivront jusqu’au rétablissement de l’autorité de l’État dans toute la zone de Minembwe. Les FARDC indiquent également vouloir attirer l’attention de la communauté nationale et internationale sur ce qu’elles qualifient de graves dégâts et crimes commis sur le territoire congolais.